Réformes LMD : les chercheurs de l’ex-Province Orientale demandent un accompagnement transitoire
Des candidats aux programmes de Diplôme d’Études Approfondies (DES/DEA), de spécialisation et de doctorat issus des provinces de l’ex-Grande Orientale ont officiellement saisi Son Excellence Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) à travers une note de plaidoyer lue devant la presse ce samedi 24 janvier 2025, appelant à une mise en œuvre plus inclusive et réaliste des réformes en cours dans le secteur.
Dans ce document empreint de respect et de sens républicain, ces chercheurs en formation saluent d’abord l’engagement de la Ministre dans la poursuite des réformes structurelles engagées dans l’enseignement supérieur, notamment la généralisation du système Licence-Master-Doctorat (LMD) et la mise en place progressive des écoles doctorales, dans la continuité de l’action menée par l’ancien ministre Mohindo Nzangi. Des réformes jugées essentielles pour améliorer la qualité, la compétitivité et la visibilité internationale de l’université congolaise.
Toutefois, les signataires attirent l’attention de l’autorité ministérielle sur certaines difficultés liées aux modalités de transition, en particulier pour les candidats du troisième cycle relevant encore du système PADEM. Selon eux, sans mesures d’accompagnement adaptées, ces réformes risquent de produire des effets contraires aux objectifs poursuivis.
La note souligne que plus de 80 % des candidats concernés sont des assistants et chefs de travaux issus des universités publiques, majoritairement sans bourse d’études. Beaucoup d’entre eux, parfois non rémunérés ou irrégulièrement pris en charge, supportent seuls des charges financières importantes liées aux séminaires, à la recherche scientifique, aux enquêtes de terrain, aux publications et à divers frais académiques jugés parfois excessifs ou insuffisamment encadrés.
À ces contraintes financières s’ajoutent des lourdeurs administratives et des délais jugés très courts, qui, selon les candidats, ne permettent pas toujours de garantir la rigueur méthodologique, la qualité scientifique et l’impact sociétal exigés des travaux de troisième cycle.
Dans un esprit constructif, les chercheurs formulent trois principales recommandations. Ils demandent d’abord une évaluation approfondie et objective de l’état d’avancement réel des candidats actuellement inscrits, afin d’élaborer un chronogramme transitoire réaliste, tenant compte des contraintes académiques et institutionnelles des universités publiques. Ils sollicitent ensuite la suppression des frais jugés non essentiels et la limitation à trois ans maximum des frais de réinscription pour les candidats ayant dépassé le délai légal, afin d’éviter une précarisation accrue des chercheurs en formation. Enfin, tout en soutenant la clôture définitive des inscriptions aux programmes de DES, DEA et de spécialisation, notamment en Médecine, ils plaident pour une autorisation transitoire et exceptionnelle permettant aux candidats déjà régulièrement inscrits de finaliser leur parcours jusqu’au doctorat dans le cadre du système PADEM.
« Notre démarche ne vise pas à freiner les réformes, mais à contribuer à leur réussite durable, en plaçant l’humain, la réalité du terrain et la promotion de la recherche scientifique congolaise au cœur de l’action publique », indiquent les signataires.
Ce plaidoyer, porté notamment par l’Association des scientifiques du Congo et signé par l’assistant Guy Buse Molisho, président de ladite association, témoigne des attentes fortes du monde académique face aux mutations en cours et appelle à un dialogue apaisé pour une réforme juste, cohérente et socialement soutenable de l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo.
La Rédaction
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