« Reconstruire les institutions exige de reconstruire les esprits » : le plaidoyer fort de Marie-Thérèse Sombo à Kisangani

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Prenant part comme panéliste au colloque national sur l’évaluation de la Constitution de 2006, organisé simultanément à Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani, la Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Recherche Scientifique et Innovation Technologique (ESURSI), le Professeur Docteur Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, a défendu une approche novatrice de la réforme constitutionnelle centrée sur la santé mentale, la mémoire collective et les neurosciences.

Intervenant devant les participants réunis à Kisangani, la Ministre a placé son exposé sous le thème : « Santé mentale, mémoire collective et résilience institutionnelle : apport des neurosciences à la réforme constitutionnelle en République Démocratique du Congo ». Une réflexion scientifique qui a permis d’élargir le débat constitutionnel aux dimensions psychologiques et cognitives de la gouvernance.

Dans une adresse fortement marquée par l’histoire douloureuse de Kisangani, la Ministre a rendu hommage à la ville martyre, qualifiée de « capitale de la résilience congolaise ». Elle a rappelé les nombreux traumatismes collectifs ayant marqué la ville et la province de la Tshopo, notamment les guerres du Congo, la guerre des Six Jours, les violences sexuelles liées aux conflits ainsi que les récents affrontements communautaires Mbole-Lengola.

Selon le Professeur Marie-Thérèse Sombo, ces événements ont profondément affecté la santé mentale des populations, la cohésion sociale et la confiance envers les institutions publiques. Pour elle, la stabilité institutionnelle ne peut être dissociée de l’état psychique collectif du peuple congolais.« Reconstruire les institutions exige de reconstruire les esprits », a-t-elle déclaré, soutenant que la Constitution devrait désormais intégrer explicitement la santé mentale parmi les droits fondamentaux protégés par l’État.

Dans son diagnostic de la Constitution de 2006, la Ministre a reconnu les avancées existantes en matière de dignité humaine, de droit à la santé et de protection des personnes vulnérables. Toutefois, elle a déploré plusieurs lacunes majeures, notamment l’absence de dispositions explicites sur la santé mentale, l’intégrité cognitive, la prise en charge psychologique des traumatismes collectifs ou encore la protection contre les manipulations psychologiques et algorithmiques.

Face à ces insuffisances, elle a proposé plusieurs pistes de réforme, parmi lesquelles la constitutionnalisation du droit à la santé mentale, la création de mécanismes de réparation psychologique pour les victimes de traumatismes collectifs, l’intégration des services psychologiques dans les écoles ainsi que la mise en place d’un financement garanti pour les programmes de santé mentale dans toutes les provinces du pays.

La Ministre de l’ESURSI a également insisté sur la nécessité de reconnaître constitutionnellement la mémoire des villes martyres comme Kisangani, estimant que la résilience communautaire doit devenir un pilier de la gouvernance moderne en RDC.

À travers cette intervention, Marie-Thérèse Sombo a apporté une dimension scientifique et humaine au débat sur la réforme constitutionnelle, en mettant en exergue les liens entre traumatismes collectifs, gouvernance et stabilité institutionnelle.Ce colloque national sur l’évaluation de la Constitution de 2006 réunit universitaires, chercheurs, juristes, autorités publiques et acteurs sociaux autour des réflexions visant à adapter le texte fondamental aux réalités actuelles de la République démocratique du Congo.

La Rédaction

La Rédaction. Contact : +243 850 710 634 & +243 826 769 494 & +243 817 180 576 Adresse physique du bureau : Makiso, Kisangani, TSHOPO, RD. Congo.

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