En visite d’État de 48 heures en République démocratique du Congo, le président burundais Évariste Ndayishimiye a affiché, aux côtés de son homologue congolais Félix Tshisekedi, la volonté de donner un nouvel élan à la coopération entre les deux pays. Point d’orgue de cette séquence diplomatique : la tenue, en septembre 2026 à Bujumbura, d’une session de la Commission mixte permanente de coopération RDC-Burundi.
L’annonce a été faite mardi à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, lors d’un point de presse conjoint entre les deux chefs d’État, au terme d’échanges axés sur la sécurité régionale, la riposte contre Ebola, mais aussi la relance des relations bilatérales entre les deux voisins des Grands Lacs.Face à la presse, Félix Tshisekedi a insisté sur la volonté commune de Kinshasa et de Bujumbura de structurer davantage leur partenariat dans plusieurs secteurs clés.« Nous avons réaffirmé notre volonté commune de donner une nouvelle impulsion à la coopération entre la RDC et la République du Burundi dans les domaines politique, diplomatique, sécuritaire, économique, culturel, humanitaire et social », a déclaré le président congolais.»
Dans cette dynamique, les deux parties ont convenu d’organiser au mois de septembre prochain à Bujumbura la prochaine session de la Commission mixte permanente de coopération, un mécanisme bilatéral appelé à servir de cadre de concertation politique et de levier pour les échanges économiques.
Au-delà de l’affichage diplomatique, Kinshasa et Bujumbura entendent surtout muscler leur coopération économique et commerciale. Félix Tshisekedi a indiqué que cette session devra permettre de mettre en place un cadre juridique et institutionnel adapté pour soutenir les échanges entre les deux pays.
Parmi les pistes avancées figure notamment la création d’une Chambre de commerce conjointe, appelée à faciliter les investissements, à fluidifier les relations entre opérateurs économiques congolais et burundais, et à donner une traduction concrète au rapprochement politique affiché par les deux capitales.
Cette orientation n’est pas anodine. Dans une région marquée par l’instabilité sécuritaire, la coopération économique est de plus en plus présentée comme un outil de consolidation des relations bilatérales, mais aussi comme un instrument de stabilisation.La visite d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa intervient dans un contexte régional particulièrement sensible. La situation sécuritaire dans l’est de la RDC, la menace persistante des groupes armés ainsi que la riposte contre l’épidémie d’Ebola figuraient également au menu des discussions entre les deux chefs d’État.
À cela s’ajoute la dimension diplomatique continentale : le président burundais assure actuellement la présidence en exercice de l’Union africaine, ce qui confère à ce déplacement une portée qui dépasse le strict cadre bilatéral.Pour Kinshasa comme pour Bujumbura, l’enjeu est désormais clair : transformer la proximité géographique et la convergence politique en partenariat structuré, avec, en ligne de mire, davantage de coordination sécuritaire, mais aussi une intensification des échanges commerciaux et institutionnels.
La session annoncée pour septembre à Bujumbura sera donc scrutée comme un test : celui de la capacité des deux voisins à faire de leur coopération un instrument concret d’influence, de stabilité et d’intégration régionale.
Rédaction












