Les communautés riveraines du Parc national de la Lomami (PNL), dans le territoire d’Opala, montent au créneau. Réunies à l’initiative de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), elles demandent aux autorités nationales, provinciales et aux partenaires de la conservation de clarifier les limites de la zone tampon du parc afin de mettre fin aux conflits récurrents entre les populations locales et les écogardes.
Au terme de cette rencontre, les participants ont estimé que l’absence d’une délimitation visible de la zone tampon alimente les incompréhensions et les tensions sur le terrain, avec pour conséquences des arrestations jugées arbitraires, des violences, des pertes de biens et une insécurité grandissante pour les communautés vivant à proximité de cette aire protégée.
« L’absence d’une délimitation visible de la zone tampon est à l’origine de nombreux conflits. Nous demandons une clarification des limites, la reconnaissance des droits d’usage des communautés ainsi qu’une cartographie participative afin que la population sache où exercer ses activités de pêche, de chasse traditionnelle et d’agriculture sans enfreindre les limites de l’aire protégée », a déclaré Calvin Ngonde, coordonnateur territorial de la NSCC à Opala.
Créé par le décret n°16/24 du 19 juillet 2016, le Parc national de la Lomami couvre près de 8.879 km² et constitue l’une des plus importantes réserves de biodiversité de la République démocratique du Congo. Il abrite plusieurs espèces animales et végétales protégées ainsi que de vastes écosystèmes forestiers.
Les communautés reconnaissent l’importance de préserver ce patrimoine naturel, mais estiment que la conservation ne peut être durable sans une meilleure prise en compte des droits et des préoccupations des populations locales.
Parmi les principales recommandations formulées figurent le bornage physique des limites du parc, le marquage des arbres à l’aide d’une peinture visible, l’installation de panneaux de signalisation, l’élaboration d’une cartographie participative et la clarification des droits d’usage liés aux activités traditionnelles, notamment la pêche, la chasse, l’agriculture, les campements, les sites culturels, les cimetières et les lieux sacrés.Les participants ont également plaidé pour la création d’activités génératrices de revenus afin de réduire la dépendance des communautés aux ressources du parc, la mise en place d’un mécanisme de gestion des plaintes et une plus grande implication des autorités coutumières ainsi que des peuples autochtones dans la gouvernance de la zone tampon.
À travers ces revendications, les communautés d’Opala souhaitent ouvrir un dialogue constructif avec les autorités et les partenaires de la conservation afin de trouver un équilibre entre la protection de la biodiversité et les besoins socio-économiques des populations riveraines. Elles espèrent que leurs recommandations permettront d’instaurer un climat de confiance et de réduire durablement les conflits autour du Parc national de la Lomami.
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