DOSSIER/Route Bangoka–Kisangani : la NDSCI appelle à l’intervention directe du procureur Mvonde face à la lenteur de l’instruction
À Kisangani, le dossier de la route reliant l’aéroport international de Bangoka à la ville revient au devant de la scène. La Nouvelle dynamique de la société civile (NDSCI) accuse le parquet général près la Cour d’appel de la Tshopo de « complaisance » dans l’instruction d’un dossier sensible impliquant l’entreprise SOPECO et la gestion de millions de dollars publics.
Dans une correspondance adressée au procureur général près la Cour de cassation à Kinshasa, dont lumierenews.cd a consulté, la NDSCI dénonce la lenteur et le manque de rigueur dans le traitement du dossier RMP 7050, ouvert à la suite d’une dénonciation déposée le 22 septembre 2025.
« Le dossier est traité avec une grande légèreté, ce qui indigne les citoyens tshopolais », écrit l’organisation, qui s’inquiète du silence de la justice alors que les travaux de la route sont complètement à l’arrêt.
Le projet concerne l’asphaltage de 21,2 kilomètres, lancé le 3 décembre 2022 pour un coût total de 30 millions de dollars. Selon la société civile, 22,65 millions de dollars ont déjà été versés à l’entreprise SOPECO.
Pourtant, sur le terrain, les résultats restent décevants. La NDSCI dénonce des retards importants, une qualité médiocre des travaux, et une sous-traitance quasi totale à de petites entreprises locales sans expérience dans la construction routière.
Plus préoccupant encore, 10 millions de dollars supplémentaires ont été débloqués le 24 juillet 2025, alors même que le chantier est désormais à l’arrêt, alimentant les soupçons sur l’utilisation réelle de ces fonds publics.
Face à cette situation, la NDSCI exige de savoir « ce que la société SOPECO a fait des millions déjà perçus ».
La société civile rappelle avoir saisi la Première ministre le 7 août 2025, demandant une évaluation indépendante du projet avant tout nouveau décaissement. Une démarche qui serait restée sans suite.
Aujourd’hui, l’organisation sollicite l’intervention directe du procureur général Mvonde, estimant que seule une action ferme de la hiérarchie judiciaire pourra faire toute la lumière sur ce dossier sensible. Elle souligne que cette affaire avait déjà été évoquée lors d’une journée porte ouverte du parquet à Kisangani, où la société civile avait été encouragée à saisir officiellement la justice.
En attendant une réaction des autorités judiciaires, cette affaire relance le débat sur la gestion des grands projets d’infrastructures en province et sur la traçabilité des fonds publics alloués à la modernisation des routes en République démocratique du Congo.
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