Kinshasa face au piège des embouteillages : ExpoBéton alerte sur une fausse réponse à la congestion urbaine
L’annonce du gouvernement provincial de Kinshasa visant à injecter 10 000 taxis, 100 000 motos et 500 bus électriques dans le trafic urbain relance le débat sur la mobilité dans la capitale congolaise.
Si l’initiative se veut une réponse à l’urgence des déplacements, ExpoBéton RDC tire la sonnette d’alarme : sans réformes structurelles profondes, cette mesure pourrait aggraver une congestion déjà critique.
Kinshasa, une métropole sous pression permanente.
Avec plus de 17 millions d’habitants, Kinshasa subit une urbanisation accélérée, largement en décalage avec le développement de ses infrastructures.
Le parc roulant dépasse aujourd’hui 600 000 véhicules, auxquels s’ajoutent des centaines de milliers de motos-taxis, tandis que le réseau routier reste :
faiblement bétonné,
fortement dégradé,
structurellement incapable d’absorber la croissance des flux.
Dans ce contexte, une question centrale se pose : peut-on résoudre la congestion en ajoutant encore plus de véhicules ?
Pour ExpoBéton RDC, la stratégie annoncée privilégie le volume au détriment de la transformation du système de mobilité.
L’ajout massif de taxis, motos et bus, sans réorganisation de la circulation ni amélioration de la voirie, risque :
d’augmenter la densité du trafic,
de multiplier les conflits d’usage,
de faire chuter davantage la vitesse moyenne, déjà inférieure à 15 km/h aux heures de pointe sur plusieurs axes majeurs.
Plus de 60 % des déplacements urbains empruntent les routes secondaires. Leur mauvais état force les usagers à se concentrer sur quelques artères principales, créant des goulots d’étranglement artificiels.
ExpoBéton RDC plaide pour leur bétonnage prioritaire, parallèlement à la réhabilitation des axes structurants, aujourd’hui minés par les nids-de-poule, les affaissements et des travaux non coordonnés.
L’organisation recommande également le recours aux routes stabilisées, dont le coût est 7 à 10 fois inférieur à celui des routes classiques.
Durables, basées sur des matériaux locaux et défendues depuis plus d’une décennie par ExpoBéton, ces solutions doivent désormais être déployées à grande échelle à travers des cadres techniques clairs.
Une part importante des véhicules en circulation est vétuste, non contrôlée et dangereuse.
Pannes et accidents constituent un facteur majeur de congestion quotidienne.
Selon les experts, le projet MetroKin demeure la seule solution de transport de masse capable de déplacer des centaines de milliers de passagers par jour, tout en désengorgeant durablement la voirie.
Les blocages institutionnels actuels autour de ce projet sont jugés contraires au principe de continuité de l’action publique, sans justification technique solide.
Une urgence réelle, une réponse incomplète
ExpoBéton RDC reconnaît la volonté du gouvernement provincial de répondre à une crise réelle.
Mais la mobilité urbaine, insiste l’organisation, ne se règle pas par l’accumulation de véhicules.
Elle exige :
des infrastructures adaptées,
des modes de transport diversifiés,
une régulation stricte du parc roulant,
et la mise en œuvre effective des projets structurants.
À défaut, Kinshasa risque de voir ses embouteillages non pas disparaître, mais simplement changer d’échelle.
Rédaction
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