Kisangani – Affaire concession Kituba : deux victimes battent en brèche la version du Barreau et blanchissent le procureur général
La dénonciation rendue publique le 23 décembre dernier par le Conseil de l’Ordre du Barreau de la Tshopo, faisant état d’une prétendue agression physique contre un avocat, est aujourd’hui vivement contestée.
Les faits se seraient produits le 17 décembre dans une concession située au bloc Mutumbe, quartier Plateau Boyoma, dans la commune de Makiso.
Ce vendredi 26 décembre 2025, deux personnes présentées comme victimes de l’altercation ont brisé le silence. Devant la presse, elles ont livré une version des faits diamétralement opposée à celle du Barreau et rejeté toute implication du procureur général près la Cour d’appel de la Tshopo, Albert Lusumbe Lukute.
Selon eux, l’affaire serait instrumentalisée à des fins de manipulation corporatiste et porterait atteinte, à tort, à la réputation du chef du parquet.
Le témoignage de Baila Lochelewa Moïse
Baila Lochelewa Moïse affirme avoir été témoin direct de l’incident. Il explique qu’en route vers le kilomètre, il s’est arrêté dans la concession Kituba, où sa sœur avait acquis une parcelle.
À son arrivée, il découvre avec surprise une construction en cours sur un espace réservé à la voie publique, obstruant l’avenue. Interpellé, l’occupant du site aurait justifié son acte en se prévalant de sa qualité d’avocat.
La tension monte lorsqu’un membre de la famille propriétaire arrive sur les lieux. Une altercation éclate. Selon ce témoin, l’avocat aurait porté le premier coup, un coup de tête, avant de sortir son téléphone pour filmer la scène.
La dispute dégénère autour de l’appareil. L’avocat tombe, touché par son propre téléphone. Baila Lochelewa soutient n’avoir pris part à aucune bagarre.
Contre toute attente, le lendemain de l’incident, Baila Lochelewa est arrêté brutalement par la police criminelle alors qu’il se trouvait à sa boutique.
Entendu sur procès-verbal, il sera finalement libéré, faute de charges. Il insiste : sa libération n’a été obtenue ni par intervention téléphonique du procureur général ni par aucune influence extérieure.
Il dénonce une tentative de règlement de comptes entre l’avocat incriminé et sa hiérarchie judiciaire, au détriment de personnes étrangères au conflit.
De son côté, Kituba Duango Jean, propriétaire de la concession litigieuse, affirme que le terrain appartient légalement à sa famille depuis 1992. L’acquisition a été faite en bonne et due forme auprès de Kumu et aux services attitrés par son père.
Il accuse l’avocat qu’il aurait vendu illégalement une portion de cette concession à un tiers, sur base de documents qu’il qualifie de faux. Les travaux entrepris auraient bloqué l’accès à l’avenue, au mépris des habitants du quartier.
Kituba Duango Jean affirme avoir déjà été emprisonné par le passé pour défendre ce même terrain, notamment sous l’ère du gouverneur Bilusa, sans jamais céder.
Il rejette catégoriquement toute relation avec le procureur général. Selon lui, ce dernier n’a jamais reçu de parcelle, ni été impliqué de près ou de loin dans cette affaire.
Il exige que l’avocat réponde de ses actes devant la justice et dénonce ce qu’il qualifie de destruction méchante et d’abus d’autorité, motivés par un sentiment d’impunité.
Alors que les versions se confrontent, cette affaire continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion publique à Kisangani.
Rédaction
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