RDC–Agriculture : à Kisangani, Gisèle Bombele décrypte la révolution agricole agressive lancée par le président Tshisekedi et pilotée par Muhindo Nzangi
Une délégation du ministère national de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire séjourne à Kisangani depuis le 15 février dans le cadre d’une mission stratégique : recenser les coopératives agricoles, les ONG, les services techniques et évaluer les capacités réelles de production. L’objectif affiché : poser les bases pour transformer durablement la Tshopo en véritable grenier agricole de la République démocratique du Congo.
Dans ce cadre, une conférence d’échanges s’est tenue samedi à l’hôtel Rwenzori, réunissant experts, universitaires, ingénieurs agronomes, coopératives agricoles, techniciens et professionnels des médias. Cette rencontre avait pour but de confronter les données collectées sur le terrain avec les réalités vécues par les acteurs locaux, dans une dynamique de relance accélérée de la campagne agricole 2025-2026, baptisée
« Révolution agricole agressive ».
Le message du gouvernement est clair : accélérer, structurer et industrialiser l’agriculture.
Au cœur des discussions, la concrétisation de la vision du président Félix Tshisekedi, résumée dans la formule devenue socle de la politique agricole nationale : « la revanche du sol sur le sous-sol ».
Prenant la parole, la conseillère aux agrégats agricoles, Gisèle Bombele, a présenté la stratégie portée par le ministre national de l’Agriculture, Muhindo Nzangi.
Selon elle, le temps de l’agriculture de subsistance est révolu :
« Le gouvernement veut bâtir une agriculture industrielle, capable de garantir la souveraineté alimentaire, de créer massivement des emplois et de soutenir un développement durable. »
Cette transformation repose sur plusieurs réformes structurantes :
la nouvelle loi phytosanitaire,
la loi semencière,
la révision de la loi agricole de 2011,
et la création du Fonds national de développement agricole.
Parallèlement, la campagne agricole lancée en août 2025 prévoit déjà la distribution de semences améliorées, d’engrais, de tracteurs et d’équipements modernes.
La mission actuelle vise également à restructurer l’agriculture familiale en coopératives performantes et à relancer des institutions stratégiques, telles que INERA Yangambi, autrefois fleuron de la recherche agricole congolaise.
Structurer, mécaniser et industrialiser : les clés de la réussite
Intervenant sur les mécanismes de mise en œuvre de cette vision, l’ingénieur Paul Apadjemba a insisté sur la nécessité d’une organisation rigoureuse du secteur agricole :
« La réussite dépendra de la structuration des producteurs, du renforcement de la mécanisation, de l’encadrement technique et de la coordination entre l’État, les scientifiques et les agriculteurs. »
De son côté, l’ingénieur Bellarmin Nkwankwimbi a plaidé pour transformer la CAAPSA en une véritable entreprise agricole moderne, capable de produire à grande échelle, générer des revenus et soutenir efficacement les producteurs locaux. Selon lui, la modernisation de sa gestion, de ses équipements et de son modèle économique est indispensable pour en faire un moteur réel du développement agricole.
Lors de la séance de questions-réponses, universitaires, experts et techniciens agricoles ont exprimé leur volonté de jouer un rôle central dans cette révolution agricole. Ils ont insisté sur l’urgence de :
renforcer le lien entre recherche scientifique et politiques publiques,
valoriser les innovations locales,
et impliquer directement les universités dans la formation des agriculteurs.
Pour eux, la réussite de cette transformation passera inévitablement par la fin de la marginalisation de l’expertise nationale.
Avec cette offensive gouvernementale, Kisangani et la Tshopo sont appelées à devenir des piliers de la nouvelle stratégie agricole congolaise.
Mais sur le terrain, l’heure est à la vérité. Derrière les annonces ambitieuses et les discours volontaristes, les acteurs locaux attendent des actes concrets, des financements réels et des résultats visibles.
La révolution agricole est lancée. Reste à savoir si elle quittera le terrain des promesses pour entrer enfin dans celui des récoltes.
Rédaction
La Rédaction. Contact : +243 850 710 634 & +243 826 769 494 & +243 817 180 576 Adresse physique du bureau : Makiso, Kisangani, TSHOPO, RD. Congo.




Laisser un commentaire