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RDC : bataille de communication et confusion autour des projets publics au profit des provinces

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Depuis près de deux ans, la République démocratique du Congo voit fleurir ses chantiers : près de 400 km de routes réhabilitées à Kinshasa, 91 km à Kananga, 90 km à Kisangani, 80 km à Mbuji-Mayi, 50 km à Bandundu, 40 km au Kasaï et plus de 100 km sur deux axes majeurs du Kongo Central.

À cela s’ajoutent des projets structurants, parmi lesquels la modernisation de l’aéroport international de Ndjili, estimée à 700 millions de dollars, la réhabilitation de la route de Luano à Lubumbashi et la relance du barrage de Katende, avec déjà 150 millions de dollars décaissés. Tous ces investissements sont financés par le Trésor public et coordonnés par le gouvernement de Judith Suminwa, sous la direction du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et exécutés par le ministère des Finances de Doudou Fwamba.

Tshisekedi à l’ombre des gouverneurs

Pourtant, sur le terrain, le récit officiel semble s’inverser. Selon une enquête réalisée par le média en ligne de KIS24.INFO, lors des visites de chantiers, les gouverneurs mettent en avant leur « engagement » et leur « vision locale », reléguant l’action présidentielle au second plan. À Kisangani, une commerçante raconte :

« On croyait que c’était le gouverneur qui avait fait la route. Après, on entend autre chose. On ne sait plus qui a vraiment décidé. »

Des situations similaires se retrouvent à Mbandaka, Bandundu, Isiro ou Buta. Dans l’esprit de nombreux citoyens, le président apparaît absent, tandis que les gouverneurs sont perçus comme les véritables moteurs du développement. Cette appropriation a un impact direct sur l’image de Félix Tshisekedi. Un député national souligne :

« Quand les gouverneurs prennent le crédit des projets, l’action du président disparaît aux yeux de la population. Beaucoup en viennent à penser qu’il ne travaille pas, alors que c’est exactement le contraire. »

Un élu du Katanga ajoute :

« La redevabilité est brouillée. Les citoyens ne savent plus qui décide et qui finance. Et malheureusement, c’est le président qui en paie le prix politique. »

Une perception qui fragilise

Les gouverneurs ont un rôle réel dans la coordination et le suivi des travaux, mais cette responsabilité se transforme parfois en capital politique. Les succès deviennent des trophées locaux, tandis que l’initiative nationale se perd dans la perception publique. Étienne Bokolo, enseignant à Isiro, résume :

« Si on ne dit pas clairement d’où viennent les projets, on empêche les citoyens de juger correctement leurs dirigeants. Beaucoup en concluent que le président ne fait rien. »

Dans un contexte marqué par les tensions sécuritaires à l’Est, des contraintes budgétaires et la nécessité de maintenir le paiement des militaires, l’État central déploie un effort considérable. Pourtant, cette dynamique reste peu visible localement, et l’image du président est éclipsée par des discours provinciaux valorisant les gouverneurs. La maîtrise du récit apparaît ainsi aussi stratégique que l’exécution des projets elle-même.

Au final, routes, barrages et aéroports ne sont pas seulement des infrastructures : ils deviennent des instruments de légitimité politique. Dans ce jeu, les gouverneurs s’approprient les succès de l’État, laissant Félix Tshisekedi dans l’ombre et alimentant une perception injuste d’inaction auprès de la population.

Rédaction

La Rédaction. Contact : +243 850 710 634 & +243 826 769 494 & +243 817 180 576 Adresse physique du bureau : Makiso, Kisangani, TSHOPO, RD. Congo.

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