RDC – FRIVAO paralysé : le député national Patrick Matata dénonce l’immixtion du ministre de la Justice et exige le retour du comité Mwarabu à Kisangani pour poursuivre l’indemnisation des victimes
Le ton est grave, la colère à peine contenue. Le député national et professeur des universités, Patrick Matata Makalamba, est sorti de son silence pour dénoncer avec fermeté ce qu’il qualifie d’« immobilisme inquiétant » dans le fonctionnement du FRIVAO, le Fonds spécial destiné à indemniser les victimes des atrocités commises dans la Grande Orientale.
Dans une communication officielle, l’élu de Kisangani exprime sa profonde inquiétude face à la paralysie du fonds depuis près d’une année. Il rappelle que la récente manifestation des victimes, organisée le 17 février, traduit un désespoir profond des populations meurtries par les exactions des armées étrangères, notamment celle de l’Ouganda.
Ces victimes, souligne-t-il, portent encore « des stigmates vifs » et attendent réparation, conformément aux engagements pris par l’État congolais.
Selon Patrick Matata Makalamba, cette immixtion viole clairement le décret fondateur du FRIVAO, qui garantit son indépendance, son équité et sa transparence dans la gestion des fonds d’indemnisation.
Plus grave encore, il dénonce le fait que les dirigeants du fonds aient abandonné leur siège officiel de Kisangani pour s’installer à Kinshasa, en contradiction avec les textes légaux.
L’élu pointe également du doigt la composition actuelle du Conseil d’administration, qu’il juge non conforme à l’esprit du décret.
« On y trouve des personnes qui n’ont aucune histoire avec les atrocités et aucune compassion pour les victimes », déplore-t-il.
Une situation qui, selon lui, compromet la crédibilité même du processus d’indemnisation.
Face à ce qu’il considère comme une dérive grave, Patrick Matata Makalamba formule une série d’exigences urgentes :
Le respect strict de l’indépendance du fonds pour restaurer la confiance ;
La réouverture immédiate des bureaux à Kisangani et la reprise des paiements aux victimes ;
L’extension des opérations à Bunia, Buta et Isiro pour inclure toutes les victimes oubliées ;
Le lancement des réparations collectives, notamment la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Tshopo 1, symbole de relance économique régionale.
Par cette sortie, Patrick Matata Makalamba se pose en défenseur déterminé des victimes et met la pression sur les autorités pour éviter ce qu’il considère comme un abandon inacceptable.
Dans un contexte où la justice réparatrice constitue un enjeu majeur pour la stabilité et la dignité des populations de la Grande Orientale, ce dossier pourrait rapidement devenir explosif sur le plan politique.
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