Tshopo – Assemblée provinciale : après son audition, Paulin Lendongolia Lebabonga affirme que le bureau Kanga a répondu favorablement à sa demande de report de l’examen du réquisitoire
Convoqué par le bureau de l’Assemblée provinciale dirigé par Mateus Kanga Londimo, le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, s’est présenté ce samedi pour répondre à une audition liée au réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation. Une séance brève, mais politiquement lourde de sens.
Pendant près d’une trentaine de minutes, le chef de l’exécutif provincial a échangé avec les membres du bureau Kanga autour d’un réquisitoire dont il affirme ne jamais avoir reçu copie officielle.
« On m’a parlé d’un réquisitoire vieux de plus de cinq mois. Je n’en ai jamais été en possession. J’ai simplement appris qu’il existerait une dénonciation à ma charge », a déclaré le gouverneur Paulin Lendongolia.
Face à la presse, il a indiqué avoir sollicité le report de tout débat de fond sur cette affaire, invoquant une mission officielle à Kinshasa. Il affirme être invité par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, pour participer à un forum qui sera lancé par le Président de la République.
Selon lui, le bureau de l’Assemblée provinciale a accédé à cette demande. Le dossier du réquisitoire devrait donc être examiné ultérieurement, avec, en toile de fond, la possibilité pour les députés d’autoriser ou non l’instruction judiciaire.
« Le ministère public viendra défendre son réquisitoire. Moi, je viendrai avec mes éléments de réponse. Si mes arguments ne convainquent pas, l’Assemblée pourra autoriser l’instruction », a-t-il précisé.
Interrogé sur des rumeurs évoquant une supposée enveloppe de 4,5 millions de dollars destinée à influencer le traitement du dossier, le gouverneur a catégoriquement rejeté ces accusations.
« Je ne suis ni corrupteur ni détourneur. Je suis là pour travailler », a-t-il martelé, dénonçant des spéculations sans fondement.
Profitant de sa sortie médiatique, le gouverneur a élargi le débat à la question sécuritaire, appelant les députés provinciaux à s’impliquer davantage dans la prévention des conflits.
Il a notamment évoqué les violences communautaires récentes dans le territoire de Bafwasende, où des pertes en vies humaines ont été enregistrées, dont celle d’un policier. Pour lui, la réponse ne peut être uniquement coercitive.
« La sécurité, ce n’est pas intervenir après les morts. C’est prévenir, sensibiliser et renforcer le renseignement. Les députés provinciaux sont aussi des acteurs clés dans ce processus », a-t-il insisté, rappelant avoir soutenu plusieurs initiatives locales de sensibilisation, notamment auprès des chefs coutumiers et des étudiants.
Si l’audition de ce samedi n’a pas débouché sur une décision spectaculaire, elle marque néanmoins une nouvelle étape dans les relations déjà tendues entre l’exécutif provincial et l’organe délibérant.
Le dossier du réquisitoire reste pendant. Et sauf retournement de situation, le gouverneur devrait prochainement revenir devant l’Assemblée pour une confrontation plus approfondie. À la Tshopo, la séquence politique est loin d’être terminée.
Rédaction
La Rédaction. Contact : +243 850 710 634 & +243 826 769 494 & +243 817 180 576 Adresse physique du bureau : Makiso, Kisangani, TSHOPO, RD. Congo.




Laisser un commentaire