Le processus de réparation collective entre dans une phase décisive dans la province de la Tshopo. Réunis ce lundi 22 juin 2026 à Kisangani, les représentants des victimes, les autorités provinciales et plusieurs acteurs institutionnels ont validé huit projets prioritaires appelés à orienter les interventions du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation aux victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).
Organisé à l’Assemblée provinciale de la Tshopo sous l’égide du FRIVAO et du ministère de la Justice, cet atelier de consultation marque un tournant : celui du passage des promesses de réparation à des investissements concrets censés laisser des traces visibles dans la vie des communautés affectées.
Au terme des échanges, les participants ont retenu une série de projets considérés comme essentiels pour faire des réparations collectives un véritable levier de reconstruction et de développement.
Première priorité : les infrastructures marchandes. La construction de marchés municipaux a été jugée indispensable pour relancer l’activité économique locale et améliorer les conditions de commerce dans plusieurs entités de la province.
Deuxième axe : la santé. Les consultations ont mis en avant la nécessité de construire et de réhabiliter des hôpitaux, d’y intégrer des morgues modernes, mais aussi de déployer des cliniques mobiles afin de rapprocher les soins des populations éloignées.
Troisième chantier : l’accès à l’eau et à l’énergie. Les participants ont recommandé la réalisation de forages d’eau aussi bien dans l’hinterland que dans la ville de Kisangani et d’autres territoires de la Tshopo, dans l’objectif d’améliorer durablement l’accès à l’eau potable.
Le volet culturel figure également parmi les priorités retenues. Les participants ont proposé la construction et la réhabilitation de centres culturels, l’érection d’un mémorial en souvenir des événements tragiques vécus par la province, ainsi que la rédaction d’un ouvrage de mémoire. Ils ont en outre plaidé pour une reconnaissance officielle des volontaires et défenseurs des droits humains qui se sont illustrés durant cette période.
Autre symbole fort : la réhabilitation des Chutes Wagenia, haut lieu touristique et patrimonial de Kisangani. Pour les participants, la valorisation de ce site emblématique peut contribuer à renforcer l’image et l’attractivité de la province.
Sur le plan environnemental, les recommandations portent sur l’obtention de concessions destinées au développement d’une couverture forestière à vocation fruitière et apicole, mais aussi sur la mise en œuvre d’activités d’assainissement et de recyclage des déchets.
Écoles et centres de formation pour préparer l’avenir
Le secteur de l’éducation n’a pas été en reste. Les consultations ont abouti à la recommandation de construire et réhabiliter des écoles ainsi que des centres de formation professionnelle, afin d’offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse de la Tshopo.
Clôturant les travaux, le vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku, représentant le gouverneur Paulin Lendongolia, a salué une démarche participative qui a permis, selon lui, de recueillir, harmoniser et structurer les attentes des victimes.
Pour les autorités provinciales, cette étape constitue une avancée majeure dans la dynamique de réparation, de reconnaissance des souffrances endurées et d’amélioration des conditions de vie des populations concernées.
Le défi de la mise en œuvre
Au-delà des indemnisations individuelles, les projets retenus traduisent une ambition plus large : faire des réparations collectives un instrument de transformation durable pour la Tshopo. Reste désormais l’épreuve la plus attendue : la concrétisation sur le terrain.
Car pour les victimes comme pour de nombreux habitants, l’essentiel n’est plus seulement d’annoncer les réparations, mais de voir émerger des écoles, des centres de santé, des forages, des marchés et des infrastructures capables de laisser, enfin, un héritage tangible dans les territoires meurtris.
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