Les récentes opérations menées par les autorités urbaines de Kisangani, notamment l’interpellation des personnes surprises en train de jeter des déchets sur la voie publique et la démolition des kiosques érigés sur les emprises publiques, suscitent un vif débat au sein de l’opinion.
Pour Henoc SEFU, si l’objectif d’assainir la ville est légitime, la méthode employée soulève de sérieuses interrogations.
Selon lui, une sanction n’est véritablement légitime et efficace que lorsqu’elle s’inscrit dans une politique publique cohérente, où l’État offre d’abord aux citoyens les moyens raisonnables de respecter les règles.
« Avant de réprimer, il faut créer les conditions permettant à chacun d’observer la loi », soutient-il.
À ses yeux, cela suppose notamment :
✔️l’installation de poubelles publiques et de points de collecte accessibles ;
✔️ l’organisation d’un service régulier de ramassage des déchets ;
✔️l’adoption d’une réglementation claire précisant les obligations des citoyens ainsi que les sanctions applicables ;
✔️la mise en place de mécanismes de sensibilisation et de valorisation des bonnes pratiques.

Henoc SEFU s’interroge également sur la gestion actuelle des déchets dans la ville.
« Comment exiger des citoyens un comportement exemplaire alors que Kisangani ne dispose toujours pas d’une décharge publique contrôlée ? Même les camions de la mairie déversent parfois les déchets du Marché central dans le fleuve ou sur des sites inappropriés, faute d’infrastructures adéquates », déplore-t-il.
Pour lui, une telle situation affaiblit la crédibilité des mesures répressives et traduit un manque de responsabilité des pouvoirs publics.
Concernant la démolition des kiosques et étalages installés sur les emprises publiques, Henoc SEFU reconnaît que la récupération des espaces publics est une nécessité. Toutefois, il estime que cette opération ne peut constituer une fin en soi.
« Démolir, c’est bien. Mais pour quelle finalité ? », s’interroge-t-il.
Il rappelle que l’assainissement urbain ne se limite pas au déguerpissement. Il englobe également le nettoyage des rues et des marchés, le curage des caniveaux, l’évacuation des déchets, l’entretien des réseaux de drainage ainsi que la lutte contre toutes les formes d’insalubrité.
Selon lui, l’État doit également assumer sa part de responsabilité en investissant durablement dans les infrastructures indispensables : décharges contrôlées, centres de traitement des déchets, toilettes publiques et réseaux modernes d’évacuation des eaux usées et pluviales.
Henoc SEFU plaide ainsi pour une approche équilibrée, fondée sur la prévention, la sensibilisation, les investissements publics et l’application équitable de la loi.
« La responsabilité est partagée entre les autorités et les citoyens. Une ville propre ne se construit ni uniquement par les arrestations ni uniquement par les démolitions, mais par une politique cohérente qui combine infrastructures, sensibilisation et respect des règles », conclut-il.
Pour lui, l’amélioration durable de la salubrité à Kisangani constitue avant tout un enjeu de santé publique, de protection de l’environnement et de sécurité collective.
La Rédaction













