RDC : l’après-15 septembre sous tension, l’AJDDH réclame justice et décrispation

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L’ONG Actions pour la Justice, le Développement et les Droits Humains (AJDDH) hausse le ton après les manifestations organisées le 15 septembre 2026 à travers plusieurs villes de la République démocratique du Congo. Dans un communiqué de presse publié ce lundi 21 septembre, l’organisation condamne les violences rapportées lors de ces mobilisations et appelle les autorités à garantir les libertés publiques, à favoriser un dialogue inclusif et à préserver le calendrier électoral de 2028.

‎Selon l’AJDDH, les manifestations, organisées en réponse à l’appel de la coalition C64, auraient été marquées par des actes de violence et un recours jugé excessif à la force dans plusieurs centres urbains, notamment à Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Kolwezi, Likasi et Kalemie. L’organisation de défense des droits humains dit notamment dénoncer des agressions contre des manifestants ainsi que des interpellations et détentions d’acteurs politiques et de la société civile.

‎Dans la capitale, l’AJDDH affirme que des jeunes se réclamant de la « Force du Progrès », présentée dans le communiqué comme proche de l’UDPS, auraient attaqué des manifestants de l’opposition à l’aide d’armes blanches et de projectiles.

‎L’organisation fait également état du décès de Manassé Lomboto, une information qu’elle indique avoir été signalée par Prince Epenge, président du parti ADDCONGO. Elle rapporte par ailleurs plusieurs blessés parmi les participants à la manifestation, sur la base des informations communiquées par les organisateurs.

‎À Lubumbashi, l’AJDDH dit être préoccupée à la fois par l’interdiction de la manifestation et par les informations faisant état de blessés et de tirs lors de la dispersion des rassemblements. Elle demande que toute allégation de recours illégal à la force fasse l’objet d’une enquête indépendante.

‎À Kisangani et Kolwezi, l’organisation affirme avoir constaté notamment des interpellations d’organisateurs, des détentions dans des cachots des services de renseignement, ainsi que le déploiement de dispositifs policiers visant à empêcher l’accès aux points de rassemblement.

‎L’AJDDH lie le climat politique au dialogue national

‎Au-delà des événements du 15 septembre, l’organisation place ces tensions dans la perspective du dialogue national annoncé par le Président de la République.

‎Pour l’AJDDH, un dialogue qu’elle qualifie de « sincère, crédible et républicain » ne pourrait, selon elle, se tenir dans un contexte marqué par des violences, des agressions physiques et la répression des voix dissidentes. L’ONG réaffirme toutefois son attachement au dialogue, qu’elle considère comme une voie possible pour répondre aux crises auxquelles la RDC est confrontée.

‎L’organisation propose que ce dialogue porte notamment sur le rétablissement de la paix et de la souveraineté nationale, la protection des populations civiles, les crises humanitaires, sanitaires et économiques, la lutte contre l’impunité, ainsi que la préparation et le financement des prochaines élections dans les délais constitutionnels. Le renforcement de la cohésion nationale figure également parmi les priorités citées.

‎L’AJDDH insiste par ailleurs sur le fait que le dialogue national ne devrait pas, selon elle, servir de cadre à des arrangements partisans ou à un partage du pouvoir. Elle estime que la décrispation politique et le respect des libertés publiques constituent des conditions nécessaires à la tenue d’un dialogue crédible et à la préparation des élections de 2028.

‎Dans son communiqué, l’AJDDH formule quatre principales demandes : l’ouverture immédiate d’enquêtes judiciaires indépendantes sur les violences rapportées, la libération des personnes qu’elle considère comme arrêtées arbitrairement lors des manifestations, le démantèlement des milices et groupes de pression politiques, ainsi que la préservation du calendrier électoral de 2028.

‎Sur ce dernier point, l’organisation demande que les préparatifs des élections se poursuivent parallèlement au dialogue national et dans le respect des échéances constitutionnelles.

‎L’AJDDH appelle enfin les acteurs politiques, les institutions publiques et la société civile à privilégier la retenue, à bannir la violence et à placer l’intérêt général, la paix et la démocratie au cœur de leurs actions.

‎La Rédaction

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