Les consultations provinciales consacrées à la révision du Code forestier se sont clôturées jeudi à l’hôtel Le Mambo, à Kisangani, après trois jours de travaux ayant réuni les principaux acteurs de la gouvernance forestière. Les participants ont formulé plusieurs recommandations destinées à moderniser le cadre juridique du secteur, dont la création de tribunaux spécialisés dans la lutte contre la criminalité forestière.
Présent à la clôture des assises, le chef de la délégation du ministère de l’Environnement et Développement durable venue de Kinshasa, Ir David Lokwa, a salué la qualité des échanges et des propositions issues de la province de la Tshopo, qu’il considère comme une référence en matière de réflexion sur les questions forestières.

« Le Code forestier est plus ancien que la Constitution. Aujourd’hui, de nouvelles thématiques sont apparues et la RDC a adhéré à plusieurs conventions internationales. Il est indispensable d’adapter cette loi aux réalités actuelles et aux engagements du pays », a déclaré Ir David Lokwa.
Selon lui, le gouvernement a privilégié une approche participative afin que les provinces contribuent directement à la réforme d’un texte appelé à encadrer durablement la gestion des ressources forestières du pays.
« Nous ne pouvons pas réviser cette loi uniquement depuis Kinshasa. Il était important de consulter les provinces afin de recueillir leurs préoccupations et leurs propositions pour que le futur Code forestier bénéficie de l’adhésion de toutes les parties prenantes », a-t-il expliqué.

Parmi les recommandations formulées à l’issue des travaux figure, a-t-il dit, la création de tribunaux spécialisés dans la répression de la criminalité forestière. Cette proposition vise à renforcer l’application du futur Code forestier et à mieux lutter contre l’exploitation illégale des ressources forestières.
Le chef de la délégation a précisé que cette recommandation, à l’instar de toutes les autres propositions formulées durant les consultations, sera examinée par la task force nationale et les experts chargés de finaliser l’avant-projet de loi.Ir David Lokwa a également rendu hommage à la qualité des réflexions développées par les participants de la Tshopo.
« Le niveau de réflexion de la Tshopo est particulièrement élevé. Les contributions formulées ici sont de grande qualité et constitueront une réelle valeur ajoutée dans le processus de révision du Code forestier », a-t-il affirmé.»
Pour le professeur Dieumerci Asumani, l’un des participants, la réforme constitue une opportunité d’adapter le Code forestier aux nouveaux enjeux liés aux marchés carbone, aux concessions de conservation, aux services écosystémiques, à la biodiversité ainsi qu’aux mécanismes REDD+, absents du texte actuellement en vigueur.
Organisées par le ministère de l’Environnement et Développement durable en collaboration avec la Coordination provinciale de l’Environnement, ces consultations ont réuni des représentants de l’administration forestière, des institutions provinciales, de la société civile, des communautés locales et autochtones, du secteur privé, du monde scientifique et des partenaires techniques.
Les recommandations issues des travaux de Kisangani seront fusionnées avec celles des autres provinces avant la rédaction de la version finale du projet de loi portant révision du Code forestier, un texte appelé à doter la République démocratique du Congo d’un cadre juridique plus moderne, conciliant exploitation durable des ressources forestières, protection de la biodiversité et lutte contre les changements climatiques.
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