Deux ans après l’arrivée de Mike-David Mokeni Amisi à la tête du Bas-Uélé, l’heure est au bilan. Dans un point de presse tenu mercredi à Buta, son chargé de communication, Gustave Ekambu, a défendu l’action de l’exécutif provincial, mettant en avant les avancées enregistrées dans le désenclavement, les infrastructures, la sécurité, la santé, l’énergie et la mobilisation des recettes.
Pour le cabinet du gouverneur, le désenclavement constitue le principal marqueur de ces deux années. À Buta, plusieurs points critiques de la voirie urbaine ont été ciblés, notamment autour de la rivière Guima et sur l’avenue Zéro vers l’aéroport. Des travaux sont également menés sur la RN4 entre Buta et Télé, ainsi que sur les axes Buta–Dulia–Bondo et Dulia–Aketi. La province a acquis plusieurs brigades d’engins sur fonds propres, dont une nouvelle unité opérationnelle à Aketi.
L’un des projets phares reste l’asphaltage de la voirie urbaine de Buta, présenté comme une première pour la capitale provinciale. Le chantier doit améliorer la circulation, faciliter l’évacuation des productions agricoles et dynamiser les échanges commerciaux. Le cabinet cite également le plaidoyer auprès du BCeCo, ayant permis la signature de contrats pour plusieurs infrastructures dans la province.
Le gouverneur poursuit parallèlement son plaidoyer pour la réhabilitation de la RN25 Isiro–Titule–Buta, tandis que la province cherche l’appui technique d’ORC pour certains travaux routiers. L’ambition affichée est de mieux connecter le Bas-Uélé aux provinces voisines et aux principaux corridors économiques.
À Ndoli, les travaux d’une centrale photovoltaïque se poursuivent. Pour l’exécutif provincial, l’accès à l’électricité doit favoriser les petites entreprises, la transformation des produits agricoles et la création d’emplois.
À Buta, la construction du bâtiment du gouvernorat est annoncée en phase de finition, tandis que la mairie fait l’objet d’une réhabilitation. Dans le secteur de la santé, la province met notamment en avant la construction et l’équipement d’une structure destinée au dépôt de sang, avec des équipements médicaux annoncés à plus de 100.000 dollars américains.
Le gouvernement provincial veut également renforcer ses capacités financières. La redynamisation de la régie financière doit permettre d’accroître les recettes propres et de réduire progressivement la dépendance aux financements extérieurs. L’acquisition des engins routiers sur fonds provinciaux est présentée comme l’une des premières traductions de cette stratégie.
Dans le secteur minier, la mise en œuvre de la Société Minière du Bas-Uélé (SOMIBU) s’inscrit dans la volonté d’améliorer l’encadrement des activités et de faire davantage des ressources naturelles un levier de développement local.
Le bilan présenté par Gustave Ekambu insiste également sur la présence du gouverneur dans les territoires. Cinq des six territoires du Bas-Uélé ont déjà été visités : Bondo, Aketi, Poko, Bambesa et Ango.
À Ango, Mike-David Mokeni s’est notamment rendu dans les chefferies d’Ezo et de Mopoy, parmi les zones les plus difficiles d’accès. Des motos ont été remises aux chefs de groupement afin de renforcer leur mobilité, tandis que l’opération « Yeba voisin » encourage les habitants à signaler les situations suspectes.
Sur le plan sécuritaire, le gouvernement provincial affirme maintenir une situation globalement stable, tout en reconnaissant la persistance de poches d’insécurité, notamment à Ango. Des moyens de mobilité et des équipements ont été attribués à la Police nationale congolaise.
Le cabinet cite également la progression de l’Étoile du Congo de Buta, passée du championnat provincial à la Ligue 1, ainsi que le projet de construction d’un stade moderne à Buta.
Deux ans après son arrivée, Mike-David Mokeni revendique ainsi une gouvernance articulée autour de trois priorités : désenclaver, rapprocher l’État des populations et renforcer les capacités propres de la province.
Mais le véritable test commence désormais. Les chantiers engagés devront produire des résultats mesurables sur la circulation, l’économie locale, l’accès aux services sociaux et les conditions de vie. Pour le gouverneur, le pari est clair : arracher progressivement le Bas-Uélé à son enclavement et transformer ses contraintes en leviers de développement.
La Rédaction
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