Tshopo/Audiences publiques du gouv’ : « après près de 3 ans de gestion, ce n’est plus le moment d’identifier les problèmes, mais de les résoudre»(Tribune du doctorant Zacharie Kingombe)

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Tshopo/Audiences publiques du gouverneur : « Après près de 3 ans de gestion, ce n’est plus le moment d’identifier les problèmes, mais de les résoudre»

(Tribune du doctorant Zacharie Kingombe)

Les audiences publiques initiées par le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, se veulent un cadre d’écoute et de dialogue avec la population. L’initiative peut, en principe, être saluée : permettre aux citoyens d’exprimer leurs préoccupations et aux autorités provinciales de mieux comprendre les difficultés auxquelles ils sont confrontés constitue un élément important de la gouvernance participative.

Mais pour le doctorant Abed-Négo Zacharie Kingombe, militant de la LUCHA-Kisangani, cette démarche intervient à un moment où la population attend surtout des réponses concrètes.

Selon lui, après près de trois années de gestion provinciale, le gouverneur de province ne devrait plus être dans une logique consistant principalement à identifier les problèmes. Ceux-ci, estime-t-il, sont connus depuis longtemps et auraient précisément dû servir de base à l’élaboration du programme d’actions du gouvernement provincial.

« Ce n’est plus le moment d’identifier les problèmes, mais plutôt de les résoudre », soutient Zacharie Kingombe.

Pour cet activiste, les principales préoccupations de la population de la Tshopo ne sont pas nouvelles. Elles concernent notamment l’état des routes, l’accès à l’électricité, le développement du barrage de Banalia, la relance du transport aérien à travers le projet Tshopo Airlines, l’amélioration des conditions alimentaires, la sécurité ainsi que la création d’emplois pour les jeunes.

Il cite également la question des salaires, plaidant pour des rémunérations régulières et consistantes en faveur des travailleurs.

Dans ce contexte, l’organisation d’audiences publiques ne devrait pas, à ses yeux, constituer un nouveau point de départ. Elle devrait plutôt servir à évaluer ce qui a déjà été annoncé, ce qui a été réalisé et ce qui ne l’a pas été.

Zacharie Kingombe estime ainsi que le gouverneur doit désormais rendre compte de l’exécution de son programme d’actions.

Il appelle notamment à la présentation d’un bilan détaillé permettant à la population de connaître les projets réalisés, ceux qui sont encore en cours, les engagements abandonnés, les ressources financières mobilisées, les niveaux d’exécution des différents projets ainsi que les raisons expliquant les éventuels retards.

Cette exigence de redevabilité prend, selon lui, une importance particulière dans un contexte marqué par une certaine méfiance de la population et par des interrogations concernant la gestion de fonds publics destinés à certains projets provinciaux.

Sur ce point, les accusations ou soupçons évoqués par l’activiste doivent naturellement être distingués des faits établis. Toute éventuelle irrégularité financière devrait être vérifiée par les mécanismes compétents et, le cas échéant, faire l’objet des procédures appropriées.

À l’en croire, le véritable enjeu des audiences publiques serait donc moins de découvrir les difficultés de la population que de transformer cette écoute en décisions et en réalisations concrètes.

Pour Zacharie Kingombe, continuer à recueillir les mêmes doléances sans apporter de réponses substantielles risque d’alimenter davantage la frustration et la défiance envers les institutions provinciales.

La population de la Tshopo, affirme-t-il en substance, ne réclame plus seulement des promesses. Elle veut pouvoir mesurer l’action publique à travers des résultats visibles et vérifiables : des routes praticables, de l’électricité, des emplois, la sécurité, des services publics fonctionnels et une amélioration concrète des conditions de vie.

Les audiences publiques peuvent donc constituer un outil pertinent de gouvernance. Mais leur crédibilité dépendra surtout de leur capacité à déboucher sur des actions concrètes.

« La population a besoin non pas d’un nouveau catalogue de promesses, mais de résultats vérifiables », résume le militant de la LUCHA-Kisangani.

Au-delà des discours, c’est donc désormais le bilan de l’action du gouvernement provincial qui est attendu. Les citoyens veulent savoir ce qui a été promis, ce qui a été réalisé, ce qui ne l’a pas été et pourquoi.

Car en matière de politique publique, l’écoute n’est qu’une première étape. Après l’écoute vient l’action, et après l’action vient la reddition des comptes.

Zacharie Kingombe
Doctorant et militant de la LUCHA-Kisangani

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