Invité de l’émission Dialogue intercongolais sur Radio Okapi, mardi, le député national élu de Kisangani, Fontaine Mangala, a vivement critiqué la Coalition Article 64 (C64), lui reprochant de passer sous silence, dans son communiqué publié à Rome, l’agression rwandaise et la responsabilité présumée de l’ancien président Joseph Kabila dans la crise sécuritaire en République démocratique du Congo.
« Nulle part dans leur communiqué, ils ne condamnent les Rwandais qui agressent notre pays en complicité avec Joseph Kabila aujourd’hui », a déclaré l’élu, remettant en question la démarche de cette plateforme politique qui plaide pour un dialogue national inclusif.
Pour Fontaine Mangala, la recherche d’une solution politique à la crise congolaise ne peut se faire sans une prise de position claire sur l’agression extérieure. Il estime que la défense de la souveraineté nationale doit occuper une place centrale dans toute initiative visant à ramener la paix dans l’est du pays.
Le député a notamment invoqué la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui demande au Rwanda de cesser son soutien au M23 et de retirer ses forces du territoire congolais. Il reproche ainsi à la C64 de privilégier l’appel au dialogue sans, selon lui, dénoncer avec suffisamment de fermeté les responsabilités extérieures dans le conflit.
« C’est quand même un peu inquiétant que des Congolais se fassent porte-parole de l’agression de leur propre pays », a-t-il ajouté, exprimant son inquiétude face à ce qu’il considère comme une omission majeure dans le communiqué de la coalition.
Réunie en conclave à Rome, la C64 a proposé de rencontrer le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et l’ancien président Joseph Kabila afin de rechercher une issue congolaise à la crise. La plateforme estime qu’aucune solution militaire ne peut, à elle seule, résoudre durablement la situation.
Mais pour Fontaine Mangala, le dialogue national ne saurait occulter la question de l’agression rwandaise. À ses yeux, la recherche d’un compromis entre acteurs congolais doit aller de pair avec une condamnation explicite de toute intervention extérieure et la défense de l’intégrité territoriale de la RDC.
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