Une mission scientifique internationale a mis en évidence l’état de dégradation avancé des fûts de déchets radioactifs immergés depuis plusieurs décennies dans les profondeurs de l’Atlantique Nord-Est. Les premières observations révèlent qu’aucun des conteneurs inspectés n’est demeuré intact, suscitant un regain d’intérêt pour les conséquences environnementales à long terme de ces dépôts.
Conduite par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), la campagne d’exploration s’est déroulée entre fin mai et fin juin 2026 à près de 4 700 mètres de profondeur, à environ 1 000 kilomètres des côtes françaises. À l’aide du submersible Nautile, les chercheurs ont examiné plusieurs fûts parmi les quelque 200 000 conteneurs de déchets radioactifs immergés dans cette région entre les années 1950 et 1990, une pratique alors autorisée par plusieurs pays avant d’être interdite à l’échelle internationale en 1993.
Les scientifiques indiquent que les cinq fûts étudiés présentent tous des signes importants de corrosion. Certains sont fissurés, d’autres complètement ouverts, laissant apparaître leur contenu. Des analyses réalisées à proximité immédiate de ces conteneurs ont détecté des radionucléides, notamment du cobalt-60 et du niobium-94, à des niveaux supérieurs au bruit de fond habituellement observé dans cette zone abyssale.
Selon les responsables de la mission, ces résultats ne permettent pas, à ce stade, de conclure à une pollution généralisée de l’océan. Ils témoignent toutefois d’une diffusion locale de substances radioactives et soulignent la nécessité d’approfondir les recherches afin de mieux comprendre les mécanismes de dispersion de la radioactivité dans les grands fonds marins ainsi que leurs effets sur les écosystèmes.
Les chercheurs ont également été frappés par l’abondance d’autres déchets d’origine humaine retrouvés sur les plaines abyssales, notamment des sacs plastiques, des boîtes métalliques, des récipients et divers objets manufacturés, illustrant l’empreinte durable des activités humaines jusque dans les zones les plus profondes de la planète.
Les données collectées au cours de cette expédition feront l’objet d’analyses complémentaires en laboratoire. Elles devraient contribuer à améliorer les connaissances scientifiques sur le comportement des substances radioactives en milieu marin profond et servir de référence pour l’évaluation d’autres sites contaminés, notamment les épaves de sous-marins nucléaires ou certains projets d’exploitation minière des grands fonds.
Source : Article de RFI, avec des informations complémentaires issues des travaux et déclarations du CNRS relayés par la presse française.












