Kisangani : un mémoire révèle les divergences entre la RTNC et Télé 50 dans le traitement de la diplomatie congolaise

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La Faculté des Lettres et Sciences humaines, option Journalisme politique extérieure de l’Université de Kisangani, a décerné la mention Grande distinction à l’assistant Alain Mongbolo Mabono à l’issue de la soutenance de son mémoire de Diplôme d’Études Supérieures (DES) consacré à la médiatisation de la diplomatie de la République démocratique du Congo par la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) et Télé 50 durant la période 2025-2026.

À travers cette recherche, le chercheur s’est intéressé à la manière dont les deux chaînes, l’une publique et l’autre privée, construisent et diffusent les récits liés à l’action diplomatique de la RDC sur la scène internationale.

Selon les conclusions de l’étude, la diplomatie contemporaine ne se limite plus aux échanges entre États. Sa médiatisation est devenue un levier stratégique de la diplomatie publique, les médias jouant désormais un rôle majeur dans la perception des actions extérieures d’un pays.

L’analyse révèle toutefois que le contexte médiatique congolais reste marqué par des contraintes particulières. Les médias publics sont généralement perçus comme des vecteurs de la communication gouvernementale, tandis que les médias privés, bien qu’offrant davantage de pluralisme, évoluent dans un environnement soumis à diverses pressions politiques et économiques.

Les résultats de la recherche mettent en évidence deux approches distinctes dans le traitement de l’actualité diplomatique.

La RTNC privilégie un cadrage institutionnel, centré sur les actions du Chef de l’État et la valorisation des acquis diplomatiques de la RDC. L’étude cite notamment la couverture de l’élection du pays au Conseil de sécurité des Nations unies, largement présentée sous l’angle du rayonnement international, sans s’attarder sur les défis liés à ce mandat.

À l’inverse, Télé 50 adopte une approche plus critique et pluraliste, en ouvrant le débat sur les enjeux politiques, financiers et stratégiques de la diplomatie congolaise, tout en mettant en évidence les différentes lectures des décisions prises par les autorités.

Pour expliquer cette dualité, Alain Mongbolo Mabono propose un nouveau cadre théorique baptisé « Diplomatie Médiatisée en Tension (DMT) ». Ce modèle repose sur l’interaction permanente entre deux pôles : celui des médias institutionnels, qui présentent la diplomatie comme un instrument de souveraineté et de prestige national, et celui des médias privés, qui privilégient le débat public, la transparence et le regard critique.

L’auteur estime que cette dynamique varie en fonction du degré de liberté de la presse, des orientations politiques ainsi que du contexte sociohistorique propre à chaque pays.

Au terme de ses travaux, le chercheur recommande notamment de renforcer les études comparatives sur la couverture médiatique des politiques étrangères en Afrique, d’élaborer des outils d’analyse plus objectifs des contenus diplomatiques, de promouvoir l’éducation aux médias afin de développer l’esprit critique des citoyens et d’encourager les pouvoirs publics à intégrer davantage les principes de transparence et de pluralisme dans leur communication internationale.

En conclusion, Alain Mongbolo Mabono soutient que la diplomatie congolaise est aujourd’hui co-construite par les médias. Si la RTNC contribue à renforcer la légitimité institutionnelle à travers une diplomatie de prestige, Télé 50 favorise un débat plus ouvert sur les enjeux de politique extérieure. Pour le chercheur, l’avenir de la diplomatie médiatisée en RDC passe par un dialogue équilibré entre la communication institutionnelle et les exigences démocratiques de transparence.

Alexis Kalumba

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