Trente-sept détenus de la prison centrale de Kisangani, dont quatre femmes, ont retrouvé la liberté vendredi, à l’issue d’une cérémonie organisée devant l’établissement pénitentiaire, dans la province de la Tshopo, au nord-est de la République démocratique du Congo.
Cette opération s’inscrit dans la politique de désengorgement des prisons et de réinsertion sociale portée par le président Félix-Antoine Tshisekedi, qui vise à résorber la surpopulation carcérale chronique dans les établissements pénitentiaires du pays.
Selon les autorités judiciaires locales, l’examen des dossiers a permis d’identifier deux catégories de bénéficiaires : des détenus ayant déjà purgé l’intégralité de leur peine sans avoir été libérés pour autant, et d’autres incarcérés pour des faits jugés mineurs. Une situation qui illustre les dysfonctionnements récurrents pointés par les organisations de défense des droits humains dans le système carcéral congolais, où les détentions préventives prolongées et les erreurs de suivi administratif sont fréquemment dénoncées.
« Rejoignez vos différentes familles et ne pas reprendre ces actes pour revenir à la prison », a lancé la procureure de la République près le Tribunal de grande instance de Kisangani, Tina Wambila Makila, lors de la remise des fiches de libération. Elle a précisé que le processus se poursuivrait, en collaboration avec le gouvernement provincial, pour l’examen d’autres dossiers.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs autorités judiciaires et administratives de la province, dont le procureur général près la Cour d’appel de la Tshopo, Raymond Kalonda Djongambolo, le ministre provincial de l’Intérieur, Michel Bakay, et le directeur intérimaire de la prison, Guylain Rashidi.
Malgré cette libération, la prison centrale de Kisangani reste très largement surpeuplée : l’établissement comptait encore
1397 détenus au lendemain de l’opération, un chiffre qui donne la mesure du défi auquel se heurte cette politique de désengorgement, alors que la plupart des prisons congolaises fonctionnent très au-delà de leur capacité d’accueil initiale.
Cette libération de Kisangani s’inscrit dans une série d’opérations similaires menées ces derniers mois dans plusieurs provinces du pays, alors que le gouvernement congolais cherche à répondre à une crise carcérale régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains, entre conditions de détention précaires et lenteurs judiciaires chroniques.
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