L’assistant de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Kisangani (UNIKIS), Pierre Kasongo Botolwaso, a défendu publiquement son mémoire de Diplôme d’Études Supérieures (DES), consacré à l’exercice du pouvoir politique en République démocratique du Congo. Son travail, récompensé par la mention Grande Distinction, met en avant des pistes de réforme destinées à renforcer la stabilité institutionnelle du pays.
Intitulé « L’exercice du pouvoir politique en République démocratique du Congo : réflexion pour un nouvel ordre institutionnel », ce mémoire propose une analyse critique de la gouvernance congolaise et des défis institutionnels auxquels le pays demeure confronté.
Au cours de sa soutenance, le chercheur a soutenu que les difficultés de la RDC ne découlent pas principalement de l’absence de textes juridiques ou constitutionnels, mais plutôt de leur faible application. Selon lui, l’enjeu majeur réside dans la qualité du leadership politique.
« J’ai analysé les Constitutions de 2006 à 2023. Il existe un écart considérable entre les textes et leur application. Ce n’est pas nécessairement en modifiant la Constitution que nous progresserons, mais en ayant des dirigeants capables de conduire le pays vers un véritable développement », a expliqué Pierre Kasongo Botolwaso.
Pour favoriser une sortie durable des crises politiques et institutionnelles, le chercheur recommande notamment la réhabilitation de la palabre africaine comme mécanisme de dialogue, de médiation et de résolution des conflits. Il estime que cette approche pourrait contribuer à renforcer la cohésion nationale dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires et politiques.
Il préconise également l’instauration d’un polycentrisme décisionnel, fondé sur une décentralisation effective, afin de permettre aux provinces de participer davantage à la prise de décisions et à la gestion des affaires publiques.
Pierre Kasongo Botolwaso a, par ailleurs, appelé les Congolais à faire preuve de patriotisme et d’engagement citoyen, estimant que toute réforme institutionnelle ne peut porter ses fruits sans un fort sentiment d’appartenance nationale.
« Le dialogue ne peut être productif que si chacun se considère avant tout comme citoyen de ce beau pays. Il est temps de passer de la vision de « cet État » à celle de « notre État » », a-t-il conclu.
À travers cette recherche, l’universitaire entend enrichir la réflexion sur les réformes institutionnelles et la gouvernance en République démocratique du Congo, dans un contexte où les questions de stabilité politique, de sécurité et de développement demeurent au cœur du débat national.
Alexis Kalumba













