Premier Congrès d’études congolaises : la Ministre de l’ESURSI appelle à faire du savoir le moteur du Congo du troisième millénaire
La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI), le Professeur Dr Marie Sombo Ayanne Safi Mukuna, a procédé à l’ouverture officielle du tout premier Congrès d’études congolaises à Mbuji-Mayi. Dans une allocution marquée par une vision ambitieuse pour l’avenir du pays, elle a plaidé pour une gouvernance renouvelée des savoirs, une université davantage tournée vers le développement national et une réflexion sur l’adaptation du cadre juridique congolais aux défis du troisième millénaire.
Placée sous le thème « Demain le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national », cette rencontre scientifique réunit chercheurs, universitaires, décideurs publics et étudiants autour des grandes questions relatives à l’avenir de la République démocratique du Congo.
Dans son discours, la ministre a salué l’initiative portée par l’Académie congolaise des sciences, les universités congolaises, l’Institut congolais d’études avancées et la Société des historiens congolais. Selon elle, le thème retenu invite les participants à dépasser les préoccupations immédiates pour réfléchir à la place du savoir, de la mémoire collective et des institutions dans la construction du Congo de demain.
Deux avancées majeures pour l’enseignement supérieur
La patronne de l’ESURSI a mis en exergue deux événements qu’elle considère comme déterminants pour l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche en RDC.
Le premier concerne l’adoption par le Sénat du projet de loi portant ratification de la Convention de l’UNESCO sur la reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur. Cette avancée, a-t-elle souligné, permettra une meilleure reconnaissance internationale des diplômes congolais et favorisera la mobilité académique des étudiants, enseignants et chercheurs.
Le second est l’accord stratégique conclu entre la RDC et les États-Unis le 4 décembre 2025. Pour la ministre, cet accord ouvre des perspectives concrètes en matière de coopération scientifique, notamment à travers la création de laboratoires conjoints, les échanges académiques, les programmes de bourses et les doubles diplômes.
Un appel à repenser le cadre constitutionnel
L’un des temps forts de son intervention a été son plaidoyer en faveur d’une réflexion sur la révision de la Constitution afin d’y intégrer davantage les enjeux liés à la science, à la recherche et à l’enseignement supérieur.
La ministre a estimé que la loi fondamentale actuelle n’accorde pas une place suffisamment explicite au rôle stratégique du savoir dans le développement national. Elle a ainsi évoqué la nécessité de consacrer constitutionnellement des principes tels que la liberté académique, la mobilité universitaire, l’autonomie responsable des établissements et le financement durable de la recherche.
Pour elle, une telle démarche ne constituerait pas une rupture avec l’histoire du pays, mais plutôt une adaptation des institutions aux exigences du Congo du troisième millénaire.
Une université au service de la transformation nationale
Abordant les défis du secteur, la ministre a défendu une vision articulée autour de trois priorités : une université plus performante et adaptée aux besoins nationaux, une recherche scientifique directement utile au développement du pays et une gouvernance universitaire modernisée.
Elle a insisté sur la nécessité de former des compétences répondant aux besoins des secteurs stratégiques tels que les mines, l’agriculture, la santé et le numérique. Dans le même esprit, elle a plaidé pour une recherche mieux financée, valorisée et connectée aux priorités nationales.
La ministre a également appelé à davantage de transparence et d’ouverture dans la gestion des établissements d’enseignement supérieur, à travers un dialogue renforcé avec les étudiants, le secteur privé et les partenaires institutionnels.
Inscrire l’ESURSI dans la vision du Chef de l’État
Au cours de son allocution, Marie Sombo Ayanne Safi Mukuna a rappelé que la réforme de l’ESURSI constitue l’un des axes majeurs de la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Grand Chancelier des universités et instituts supérieurs. Elle a cité parmi les priorités gouvernementales la promotion de la recherche scientifique, la numérisation des établissements, l’amélioration de la qualité de l’enseignement ainsi que le renforcement de la coopération scientifique internationale.
La ministre a également réaffirmé son engagement, sous la supervision de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, à traduire ces orientations en actions concrètes au bénéfice du système d’enseignement supérieur congolais.
Faire du Congrès un laboratoire d’idées pour l’avenir
S’adressant aux chercheurs, professeurs et étudiants, la ministre les a exhortés à faire de ce premier Congrès d’études congolaises un cadre de propositions concrètes capables d’accompagner la transformation du pays.
Elle a notamment appelé les participants à mobiliser leur expertise, leur rigueur scientifique et leur patriotisme afin de contribuer à l’émergence d’une université forte, d’une science souveraine et d’une jeunesse compétitive.
Clôturant son intervention, elle a félicité l’Université officielle de Mbuji-Mayi pour l’accueil de cet événement scientifique d’envergure nationale et pour les efforts consentis dans l’amélioration de ses infrastructures.
Pour la ministre de l’ESURSI, le défi est désormais clair : transformer la conscience historique en action, organiser efficacement les savoirs et faire de la science un levier majeur du développement de la République démocratique du Congo.
Avec la Cellcom/ESURSI
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