RDC/Réformes constitutionnelles : « La Constitution de 2006 a atteint ses limites ; nous réclamons une nouvelle loi fondamentale adaptée aux défis actuels », plaide le CEDI depuis Kisangani

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Le Club d’Espoir pour le Développement Intégral (CEDI) s’est officiellement prononcé en faveur d’une réforme de la Constitution de la République démocratique du Congo.

Au cours d’une déclaration publique faite ce samedi à l’esplanade de la Poste, dans la commune de Makiso à Kisangani, cette organisation de jeunesse a plaidé pour une loi fondamentale davantage en phase avec les réalités politiques, économiques, sociales et sécuritaires du pays.

Lue par le secrétaire provincial du CEDI, André Salumu, cette déclaration intervient dans un contexte où le débat sur les réformes constitutionnelles gagne du terrain à travers le pays. Le mouvement, qui affirme soutenir la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, notamment à travers les actions du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, estime que vingt ans après son adoption, la Constitution du 18 février 2006 mérite d’être adaptée aux nouveaux défis auxquels fait face la nation.

Selon le CEDI, si la Constitution actuelle a permis de restaurer l’ordre constitutionnel et de consolider les institutions démocratiques après les périodes de crise, plusieurs de ses dispositions apparaissent aujourd’hui insuffisantes pour répondre aux exigences de gouvernance, de développement et de sécurité.Le mouvement pointe notamment la rigidité de la procédure de révision constitutionnelle, qu’il juge peu compatible avec l’évolution rapide des défis nationaux, en particulier l’insécurité persistante dans l’Est du pays, la croissance démographique et les urgences économiques.Le CEDI déplore également une décentralisation qu’il considère inachevée.

Selon ses responsables, les provinces et les entités territoriales décentralisées ne disposent toujours pas des ressources financières ni des compétences suffisantes pour assurer efficacement les services de base, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et des infrastructures.

Autre préoccupation soulevée : le système électoral actuel. Le mouvement estime qu’il favorise une fragmentation excessive de la classe politique, entraînant la multiplication de coalitions fragiles qui affectent la stabilité des institutions et l’efficacité de l’action gouvernementale.Le CEDI évoque par ailleurs le coût de fonctionnement des institutions, qu’il juge élevé au regard des résultats obtenus en matière d’amélioration des conditions de vie de la population.

Selon l’organisation, les Congolais continuent de faire face à d’importants défis liés à l’accès à l’emploi, à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé et aux infrastructures.La structure estime en outre que la Constitution actuelle ne prend pas suffisamment en compte certaines priorités nationales, notamment la protection des ressources naturelles, la lutte contre les groupes armés, le renforcement de la souveraineté nationale ainsi que la consolidation de la cohésion sociale.

Tout en précisant qu’elle ne prône pas une réforme motivée par des intérêts politiques, le CEDI soutient qu’une révision de la loi fondamentale doit avant tout permettre de bâtir des institutions plus performantes et plus proches des citoyens.

À cet effet, le mouvement propose quatre grandes orientations : renforcer l’efficacité et la responsabilité des institutions, rendre effective la décentralisation par un transfert réel des compétences et des ressources, réformer le système électoral afin de favoriser des majorités plus stables et consolider la souveraineté nationale à travers une meilleure protection des ressources stratégiques et de l’unité du pays.

Le Club d’Espoir pour le Développement Intégral a enfin estimé qu’une Constitution doit évoluer avec les aspirations du peuple et les mutations de la société. Il appelle à l’ouverture d’un débat national responsable, inclusif et apaisé, afin de doter la République démocratique du Congo d’une loi fondamentale capable de répondre efficacement aux défis du XXIᵉ siècle.

Rédaction

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