À Bumele, dans la zone de santé de Bafwasende, une mission de sensibilisation contre Ebola a viré à l’affrontement. Trois personnels soignants ont été agressés par des jeunes qui les soupçonnaient d’introduire la maladie dans leur communauté.
Face à cette situation, le député provincial élu du territoire d’Isangi, Héritier Likaka Balombo, condamne avec la dernière énergie cet acte de violence et met en lumière les failles de la stratégie de riposte ainsi que l’urgence de restaurer la confiance avec les populations.
D’après le député provincial Héritier Likaka Balombo, les soignants ont été frappés et menacés de mort au cours de l’incident. Une moto appartenant à l’équipe de riposte aurait également été incendiée, tandis que des ordinateurs et certains effets personnels des agents auraient été confisqués.
Un déficit de confiance
Au-delà de l’agression elle-même, l’élu d’Isangi voit dans cet incident le symptôme d’un problème plus profond : le déficit de confiance entre les équipes de riposte et certaines communautés.
« Je dénonce fermement l’agression de ces trois soignants en pleine sensibilisation contre Ebola », a déclaré Héritier Likaka Balombo, appelant le ministère de la Santé à revoir son approche dans la province.
L’élu provincial estime que la riposte ne peut être pleinement efficace si les communautés ne sont pas suffisamment associées aux actions de sensibilisation. Il plaide notamment pour une implication accrue des députés provinciaux, des autorités locales et des leaders communautaires.
Les leaders locaux au cœur de la riposte
Héritier Likaka souligne que les acteurs de proximité peuvent jouer un rôle déterminant dans la prévention des malentendus et la mobilisation de la population.
« La gestion de la riposte contre Ebola n’est pas bien structurée dans la Tshopo. On ne tient pas compte des leaders locaux », avait-il déploré, estimant que leur implication permettrait de rapprocher les équipes sanitaires des communautés.
Selon lui, associer davantage les responsables locaux à la sensibilisation contribuerait à mieux expliquer les mesures sanitaires, à réduire les incompréhensions et surtout à créer un climat plus favorable au travail des agents de santé.
Un précédent déjà signalé à Isangi
Le député provincial rappelle par ailleurs qu’un incident similaire s’était déjà produit à Isangi. Une répétition qui, selon lui, devrait pousser les responsables de la riposte à revoir leur stratégie de communication et de mobilisation communautaire.
Pour Héritier Likaka, la protection des personnels engagés dans la riposte doit aller de pair avec une meilleure implication des communautés. Il estime que le renforcement du dialogue avec les acteurs locaux est indispensable pour prévenir de nouvelles tensions sur le terrain.
Il appelle ainsi le ministère de la Santé et les équipes de riposte à renforcer leur collaboration avec les autorités et leaders locaux, afin de restaurer la confiance des communautés, de protéger les personnels engagés sur le terrain et de favoriser une meilleure adhésion aux mesures de riposte contre Ebola.
Rédaction













