Invitée sur le plateau de « Débat Plus », l’une des émissions phares de la scène audiovisuelle kinoise, Yollande Ebongo Bosongo s’est prêtée, samedi dernier, au jeu des questions-réponses sur les grands dossiers de l’actualité nationale.
L’ancienne ministre de la Fonction publique et figure incontournable de la Tshopo a livré une analyse incisive, dominée par le projet de dialogue national inclusif enclenché par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi.
Fidèle à sa réputation de femme politique affranchie des langueurs politiciennes, l’intervenante a adopté un ton à la fois rigoureux et constructif. Si elle ne ferme pas la porte à l’exercice, elle pose des balises strictes : le conclave à venir doit rompre avec les rituels habituels pour épouser une exigence de vérité.
« En tant que femme, en tant que mère, je ne peux que prôner le dialogue. Mais je suis pour un dialogue franc, pas un dialogue pour les intérêts égoïstes, un dialogue pour l’intérêt du Congo et du peuple congolais. »
Pour cette femme politique aguerrie, le piège guette ce nouveau rendez-vous national. Hors de question d’en faire une énième grand-messe destinée à étouffer les contestations ou à orchestrer un partage de sinécures entre appareils partisans. La RDC a déjà trop consommé de ces messes basses infructueuses pour s’offrir le luxe de la récidive.
Le diagnostic est implacable : tant que le pays esquivera la question fondamentale de ses maux structurels, les conclaves se succéderont sans infléchir le destin des Congolais.
« Tant qu’on ne va pas définir ou identifier le vrai problème du Congo, ça va être difficile. On va aller de dialogue en dialogue », prévient-elle.
Fort de son parcours traversant les réalités contrastées de Kinshasa et des provinces, l’ancienne ministre de la Fonction publique pointe du doigt un paradoxe insoutenable : l’abîme entre la démesure des potentialités naturelles du pays et la paupérisation chronique de ses administrés. Pour elle, le nœud gordien réside dans l’incapacité systémique à capitaliser ces richesses au bénéfice du plus grand nombre, à travers une redistribution équitable.
Afin d’éviter le syndrome des résolutions mort-nées, Yollande Ebongo Bosongo insiste sur la nécessité absolue de verrouiller, en amont, les termes de référence. C’est à ce prix, et par la sincérité des participants, que le processus pourra accoucher de recommandations concrètes et applicables, loin des postures de façade.
Au bout du compte, la réussite de cette décantation politique ne se mesurera pas à l’aune du nombre de courtisans attablés, mais à la capacité des forces vives opposition, société civile et majorité confondues à purger leurs agendas cachés.
Le salut de la nation, soutient-elle en substance, commande un dépassement immédiat : replacer le peuple congolais et l’intérêt supérieur de l’État au cœur de toutes les équations.
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