Kisangani : à la prison centrale, la fondation Gisèle Bombele engage la bataille pour l’autosuffisance alimentaire des détenus en offrant un don d’outils agricoles
À contre-courant d’un système pénitentiaire souvent marqué par la surpopulation, la précarité et l’oubli, la Fondation Gisèle Bombele veut faire de la prison centrale de Kisangani un véritable laboratoire de réinsertion sociale par l’agriculture. Ce samedi, un important lot de matériels agricoles et de semences maraîchères a été remis à l’établissement pénitentiaire, avec une ambition clairement affichée : transformer les détenus en acteurs de leur propre autonomie alimentaire.

Dans la cour de la prison, bêches, houes, râteaux, machettes, brouettes, bottines, arrosoirs et salopettes ont été réceptionnés par le directeur de cet établissement pénitentiaire, Junior Okondji Amuri sous les regards attentifs des pensionnaires. Derrière ce geste, un message fort adressé aux détenus : la détention ne doit pas seulement punir, elle doit aussi préparer le retour à la société.
« Vous êtes ici pour la rééducation. En sortant d’ici, il faut avoir des techniques capables de vous aider à réintégrer la société », a déclaré Gisèle Bombele, présidente de la fondation, dans une adresse directe aux détenus.
Pour cette figure engagée, qui fait la fierté des femmes de la Tshopo dans la sphère politique congolaise, l’agriculture apparaît comme un levier concret de dignité et de reconstruction personnelle. L’objectif n’est pas simplement de produire de la nourriture, mais de créer une dynamique économique durable à l’intérieur même de la prison.
Dans un contexte où l’alimentation des détenus reste un défi majeur en RDC, l’initiative de la Fondation Gisèle Bombele a séduit l’administration pénitentiaire. Le directeur de la prison centrale de Kisangani, Junior Okondji Amuri, voit dans cette dotation le point de départ d’une transformation profonde de l’établissement.
« Avec ces matériels, nous allons transformer notre prison grâce à l’autoprise en charge », s’est-il réjoui, saluant en Gisèle Bombele « une fille digne de la Tshopo ».
Déjà, les espaces disponibles autour du centre pénitentiaire sont identifiés pour accueillir des cultures de maïs, de soja et de légumes maraîchers. La distribution prochaine des semences marquera le lancement effectif de cette nouvelle phase agricole.
L’ambition affichée dépasse largement le cadre d’un simple don humanitaire. La direction de la prison rêve désormais d’un modèle de ferme pénitentiaire capable de nourrir les détenus, de réduire les charges de fonctionnement et surtout d’offrir des compétences agricoles exploitables après la détention.
Pour l’initiatrice du projet, apprendre à cultiver, gérer un champ ou produire pour une communauté constitue une école de discipline, de responsabilité et de reconstruction sociale.
En réceptionnant ce don de la fondation Gisèle Bombele, le directeur de la prison centrale de Kisangani, Junior Okondji Amuri a exhorté les détenus à faire preuve de patriotisme et de rigueur dans les travaux champêtres à venir. Son objectif : faire de la prison centrale une référence nationale en matière de rééducation par le travail.
À travers cette initiative, la Fondation Gisèle Bombele tente ainsi d’imposer une autre lecture de l’univers carcéral : moins punitive, plus productive et tournée vers l’après-prison.
Rédaction
La Rédaction. Contact : +243 850 710 634 & +243 826 769 494 & +243 817 180 576 Adresse physique du bureau : Makiso, Kisangani, TSHOPO, RD. Congo.




Laisser un commentaire