La prise en charge des malades d’Ebola à l’Hôpital du Cinquantenaire de Kisangani entraîne des conséquences inattendues. Gagnés par la peur d’une éventuelle contamination, la quasi-totalité des patients a déserté cet établissement sanitaire, mettant en péril son fonctionnement. En visite sur place, le Ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Samuel Kamba, a annoncé des mesures destinées à restaurer la confiance et à renforcer la riposte contre l’épidémie.
Depuis l’installation provisoire du Centre de traitement Ebola (CTE) au sein de l’Hôpital du Cinquantenaire, les consultations externes et les hospitalisations ont connu une chute spectaculaire. Une situation qui prive l’établissement de ses principales sources de revenus et complique le paiement du personnel soignant.
Face au ministre, le médecin directeur de l’hôpital, le Dr Falay Sadiki, a expliqué que seuls les parents des nouveau-nés prématurés continuent de fréquenter régulièrement la structure, faute d’autres solutions de prise en charge.
Les responsables de l’établissement ont également attiré l’attention des autorités sur l’insuffisance des équipements destinés au diagnostic rapide des cas suspects, un défi qui complique davantage la gestion de l’épidémie.
Pour répondre à cette crise, le ministre Roger Samuel Kamba a annoncé l’accélération de la construction de trois centres spécialisés de traitement d’Ebola à Kisangani. Selon lui, ces infrastructures devraient être opérationnelles dans un délai d’environ trois semaines, permettant ainsi de transférer les patients atteints d’Ebola hors de l’Hôpital du Cinquantenaire.
« L’objectif est de permettre à cette formation médicale de retrouver sa vocation première et de rassurer la population afin qu’elle reprenne le chemin de l’hôpital sans crainte », a laissé entendre le ministre au cours de sa visite.
Le patron de la santé en RDC a, par ailleurs, demandé à la direction de l’établissement de transmettre la liste complète du personnel afin d’examiner les modalités d’une prise en charge exceptionnelle par l’État pendant cette période de crise. Cette mesure pourrait être étendue à d’autres structures sanitaires privées impliquées dans la riposte.
Sur le plan épidémiologique, les autorités ont confirmé un nouveau décès lié à la maladie à virus Ebola à l’Hôpital du Cinquantenaire. Ce bilan porte désormais à deux le nombre de décès enregistrés depuis le début de cette résurgence de l’épidémie dans la province de la Tshopo.
Alors que les équipes sanitaires poursuivent les opérations de surveillance, de recherche des contacts et de sensibilisation des communautés, les autorités appellent la population à ne pas céder à la panique et à continuer de fréquenter les structures de santé pour les autres pathologies, tout en respectant les mesures de prévention mises en place.
La Rédaction














