À Mbuji-Mayi, la hausse récurrente du prix du maïs pendant les périodes de soudure pourrait être mieux maîtrisée grâce à une meilleure anticipation des agriculteurs. Un ingénieur agronome appelle les producteurs et les autorités provinciales du Kasaï Oriental à prendre davantage conscience des enjeux liés au stockage des produits vivriers.
Le prix du maïs à Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï Oriental, reste particulièrement exposé aux fluctuations observées durant certaines périodes de l’année. Pour prévenir ces tensions sur le marché, les agriculteurs et les autorités provinciales ont été exhortés mercredi à renforcer leur capacité d’anticipation et de stockage des produits vivriers.
Pour l’ingénieur agronome Espérant Madimba, la solution passe notamment par une meilleure préparation des producteurs face aux périodes dites de « vache maigre ». Il invite les agriculteurs à ne pas attendre l’apparition de la pénurie pour agir.
« Lorsque vous exploitez vos champs, il faut toujours penser à la période de soudure ou de vache maigre chaque année », a-t-il déclaré à l’ACP, rappelant que les mois d’avril, d’octobre et de novembre constituent régulièrement des périodes difficiles dans cet espace, avec une augmentation du prix du maïs.
Selon cet expert, les producteurs devraient intégrer le stockage dans leur stratégie agricole, particulièrement après les récoltes de la saison B. L’objectif est de constituer des réserves suffisantes permettant d’alimenter les marchés pendant les périodes où l’offre diminue.
« Déjà, lorsque nous cultivons nos produits de la saison B, il faut toujours prévoir de stocker une bonne quantité de produits vivriers afin de passer cette période sans heurts », a-t-il recommandé.
Au-delà de la seule responsabilité des agriculteurs, cet appel interpelle également les autorités provinciales sur la nécessité d’accompagner les producteurs dans la conservation et la commercialisation des récoltes. Une meilleure organisation du stockage pourrait contribuer à réduire la pression exercée sur l’offre lorsque la production locale connaît un ralentissement.
À Mbuji-Mayi, où le maïs constitue un aliment de base pour une grande partie de la population, l’anticipation apparaît ainsi comme un levier important pour limiter les flambées saisonnières. L’enjeu consiste désormais à transformer les périodes de récolte en opportunité de constitution de réserves, plutôt que de laisser les marchés subir les conséquences prévisibles de la soudure.
La sensibilisation des agriculteurs, l’amélioration des capacités de stockage et une meilleure planification de la production pourraient donc constituer des pistes essentielles pour renforcer la sécurité alimentaire et contribuer à stabiliser durablement le prix du maïs dans la capitale du Kasaï Oriental.
La Rédaction













