Ebola en RDC : après 100 jours, MSF appelle à une réponse plus rapide et plus proche des communautés

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Alors que la République démocratique du Congo approche des 100 jours depuis la déclaration de la nouvelle épidémie d’Ebola, Médecins Sans Frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme sur la propagation persistante de la maladie et appelle à renforcer et adapter la riposte, notamment au sein des communautés affectées.

Dans un communiqué publié le 21 août à Bunia, MSF estime que les communautés touchées ne bénéficient pas encore d’un soutien suffisant pour contenir la maladie. Selon l’organisation, cette épidémie est devenue la plus importante et la plus meurtrière de l’histoire de la RDC, alors qu’elle sévit dans des zones déjà confrontées aux conflits, aux violences, aux déplacements de populations et à l’insécurité alimentaire.

La situation demeure particulièrement préoccupante. Au 16 août, les autorités nationales avaient recensé plus de 5 000 cas confirmés et plus de 2 300 décès depuis le début de l’épidémie. MSF indique par ailleurs qu’au cours de la semaine précédant la publication de son communiqué, un décès lié à Ebola était enregistré environ toutes les 30 minutes.

Pour MSF, l’augmentation du nombre de lits dans les centres de traitement ne suffit pas à elle seule à inverser la tendance. L’organisation plaide pour un renforcement du dépistage précoce, de l’isolement sécurisé des malades et de leurs contacts, ainsi que de la protection des professionnels et des personnes fréquentant les structures sanitaires.

« Cette épidémie continue de se propager, à un rythme que la réponse ne parvient pas à suivre », alerte le Dr Javid Abdelmoneim, président international de MSF, qui insiste également sur la nécessité d’associer davantage les communautés à la riposte.

L’expérience menée dans le camp de déplacés de Rho, près de Drodro, en Ituri, illustre cette approche. Dans ce camp qui accueille près de 50 000 personnes, des responsables communautaires collaborent avec MSF pour encourager les personnes présentant des symptômes à se faire dépister, à s’isoler et à accéder rapidement aux soins. Ils participent également à la promotion des mesures de prévention et de contrôle des infections.

Cette implication communautaire est d’autant plus importante que plus de 60 % des décès dus à Ebola en RDC seraient survenus en dehors des centres de traitement, souvent au domicile des patients ou au sein de leurs communautés. Une situation qui favorise la propagation du virus avant même la détection des cas. MSF relève également une progression rapide de l’épidémie au-delà de son épicentre en Ituri, avec notamment des taux de mortalité élevés au Nord-Kivu et une forte méfiance à l’égard de la riposte.

Face à cette évolution, l’organisation appelle à renforcer la formation des professionnels de santé et des responsables communautaires, y compris dans les nouvelles zones touchées qui disposent de peu d’expérience dans la prise en charge d’Ebola. Cette formation doit notamment porter sur la détection précoce, l’orientation sécurisée des malades, la prévention et le contrôle des infections.

MSF intervient actuellement en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, dans la Tshopo et au Haut-Uélé. Ses équipes gèrent six centres de traitement Ebola et plusieurs unités d’isolement totalisant plus de 400 lits, soit environ un tiers des capacités disponibles dans le cadre de la riposte nationale. Plus de 1 400 membres du personnel de l’organisation sont mobilisés et plus de 2 000 patients ont déjà été admis depuis le début de l’épidémie, dont plus de 800 confirmés positifs à Ebola.

À Beni, dans le Nord-Kivu, MSF dit avoir adapté son intervention en l’intégrant davantage aux structures de santé existantes et aux communautés. L’objectif est notamment de permettre une prise en charge rapide des symptômes tout en maintenant les services de médecine générale indispensables aux populations.

Pour l’organisation, l’Organisation mondiale de la Santé, les agences des Nations unies, les organisations humanitaires et le ministère congolais de la Santé doivent désormais accélérer la formation et l’accompagnement des acteurs locaux afin de rapprocher la riposte des populations.

MSF insiste enfin sur l’importance d’un recours rapide aux soins dès l’apparition des premiers symptômes. Emery Guba Mateso, responsable communautaire et survivant d’Ebola dans le camp de Rho, témoigne de l’importance d’une prise en charge précoce, qu’il considère comme un facteur déterminant pour accroître les chances de guérison.

Alors que la RDC s’approche du cap symbolique des 100 jours de cette épidémie, MSF appelle ainsi à une riposte plus rapide, plus flexible et davantage ancrée dans les communautés, afin de freiner la transmission du virus et réduire la mortalité.

La Rédaction

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