RDC : 70 000 doses de vaccin Ervebo allouées pour renforcer la riposte contre Ebola Bundibugyo

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La République démocratique du Congo va recevoir 70 000 doses du vaccin Ervebo provenant du stock mondial de vaccins contre Ebola, dans le cadre de la riposte à l’épidémie de maladie à virus Ebola de type Bundibugyo qui sévit actuellement dans le pays.

L’annonce a été saluée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), qui estiment que cette allocation contribuera à renforcer la protection des personnels les plus exposés et à produire de nouvelles connaissances scientifiques sur la vaccination contre le virus Bundibugyo.

Sur les 70 000 doses allouées, 20 000 seront destinées à un essai clinique de phase 3 visant à évaluer l’impact du vaccin Ervebo contre le virus Bundibugyo. Les 50 000 autres doses seront réservées aux travailleurs de première ligne et au personnel de santé, conformément aux recommandations actuelles du Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination (SAGE).

Cette décision intervient alors que la RDC fait face à une flambée particulièrement importante de maladie à virus Bundibugyo. Selon les dernières données de l’OMS disponibles au 14 août, l’épidémie avait atteint 54 zones de santé dans six provinces, avec 4 665 cas confirmés et 2 184 décès au 12 août 2026. Les provinces concernées sont notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Bas-Uélé.

L’allocation des doses d’Ervebo constitue toutefois une mesure qui s’inscrit également dans une démarche de recherche scientifique. L’OMS précise qu’il n’est pas encore établi que ce vaccin, conçu et homologué contre le virus Ebola (Zaire ebolavirus), protège effectivement l’être humain contre le virus Bundibugyo. Des données précliniques et issues d’études sur les animaux suggèrent néanmoins un potentiel de protection, ce qui justifie l’évaluation dans le cadre d’un essai clinique.

L’objectif sera donc double : contribuer à la protection des personnels particulièrement exposés et recueillir des données scientifiques susceptibles d’orienter les futures stratégies de vaccination contre la maladie à virus Bundibugyo.

L’OMS souligne par ailleurs l’importance d’une information claire des personnes appelées à recevoir le vaccin, notamment sur les risques, les bénéfices potentiels et les limites des connaissances actuelles. Les participants à l’essai devront notamment donner leur consentement éclairé.

La situation épidémiologique demeure préoccupante. Dans son évaluation publiée le 20 août, l’OMS estime que le risque reste très élevé en RDC, notamment en raison de la propagation géographique de l’épidémie, de la mortalité élevée, des difficultés d’accès aux soins, de l’insécurité et des mouvements de populations.

Pour l’OMS et Africa CDC, l’approche communautaire demeure également essentielle dans la riposte. La participation active des communautés, combinée à la surveillance, au dépistage, à la prise en charge des malades et à la protection des personnels de santé, doit permettre de mieux contenir la transmission du virus.

Cette nouvelle allocation de vaccins marque ainsi une étape importante dans la réponse congolaise à l’épidémie de Bundibugyo, tout en ouvrant la voie à la production de données scientifiques susceptibles de contribuer à la mise au point de stratégies plus efficaces contre cette forme de la maladie à virus Ebola.

La Rédaction

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