Sénégal : après son élection, Ousmane Sonko signe un retour fracassant et promet une Assemblée « sans complaisance »
Élu à la tête de l’Assemblée nationale du Sénégal avec une majorité écrasante, Ousmane Sonko a prononcé ce mardi 26 mai 2026 un discours à forte portée politique et institutionnelle, promettant une rupture avec les pratiques du passé tout en réaffirmant le rôle de contre-pouvoir du Parlement.
Face aux députés, l’ancien Premier ministre a assuré qu’il ne transformerait pas l’hémicycle en instrument de règlement de comptes politiques.
« Je n’utiliserai pas cette Assemblée pour nourrir des vendettas personnelles. Ce serait trahir notre propre combat », a déclaré Ousmane Sonko dans son tout premier discours officiel en tant que président de l’institution parlementaire.
Dans une allocution mêlant fermeté et appel à l’apaisement, le leader du PASTEF a toutefois averti que l’Assemblée nationale ne serait plus « une chambre d’enregistrement », annonçant un contrôle rigoureux de l’action gouvernementale.
« Elle contrôlera l’action gouvernementale (…) Elle usera, de manière responsable mais tout aussi ferme, tous les leviers de contre-pouvoir constitués, selon la gravité des faits et des circonstances », a-t-il insisté sous les applaudissements d’une majorité acquise à sa cause.
Cette prise de parole intervient dans un contexte politique particulièrement tendu au Sénégal, marqué par les profondes divergences apparues ces derniers mois au sommet de l’État entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.
Limogé du poste de Premier ministre quelques jours avant son élection au perchoir, Sonko signe ainsi un retour spectaculaire sur la scène institutionnelle, consolidant davantage son influence politique dans le pays.
Au-delà des enjeux internes, le nouveau président de l’Assemblée nationale a voulu inscrire son message dans une dimension continentale, appelant à une gestion pacifique des crises politiques en Afrique.
« Le Sénégal doit montrer à l’Afrique qu’une crise politique peut être affrontée sans haine, sans violence et sans effondrement institutionnel », a-t-il conclu.
Cette déclaration est déjà perçue par plusieurs observateurs comme le signal d’une nouvelle phase politique au Sénégal, où la cohabitation entre les institutions pourrait désormais se jouer sous haute tension, mais dans le respect affiché des règles démocratiques.
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