Kisangani/Forum Singa Mwambé : à l’ouverture de la 2e édition, Gisèle Bombele engage les femmes vers un agripreneuriat innovant, compétitif et résilient face au climat

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La coordonnatrice nationale du Forum des femmes de la Tshopo, Gisèle Bombele, a livré un discours magistral à l’ouverture de la 2e édition du Forum Singa Mwambé, ce jeudi, dans la salle du restaurant la Fourchette, appelant à une rupture avec l’agriculture de survie au profit d’un agripreneuriat féminin moderne, résilient et compétitif, dans un contexte marqué par les effets du changement climatique.

Placée sous le thème : « Forum et foire sur l’entrepreneuriat agricole des femmes et des jeunes dans le contexte du changement climatique dans la province de la Tshopo », cette deuxième édition se veut à la fois un cadre de réflexion, de sensibilisation, de formation et de mise en réseau autour des enjeux agricoles, environnementaux et économiques qui touchent de plein fouet la province.

Devant une salle acquise à la cause des femmes entrepreneures, agricultrices, jeunes porteurs d’initiatives, acteurs institutionnels et partenaires techniques, Gisèle Bombele a, sur une note de détermination, de plaidoyer et d’engagement, réaffirmé sa volonté de contribuer à la transformation du secteur agricole dans la province de la Tshopo.

Pour elle, l’heure n’est plus à l’agriculture de subsistance, longtemps pratiquée comme simple moyen de survie, mais à une agriculture pensée comme un véritable levier d’autonomisation économique, de création de richesses et de souveraineté alimentaire.

« L’agriculture de subsistance ne suffit plus. Aujourd’hui, nous devons amorcer une transition vers un agripreneuriat féminin », a-t-elle martelé, en invitant les femmes et les jeunes à investir davantage dans une agriculture innovante, organisée et adaptée aux défis climatiques.

Dans son allocution, la coordonnatrice nationale du Forum des femmes de la Tshopo a dressé un tableau sans détour des difficultés auxquelles font face les producteurs de la province : saisons agricoles perturbées, inondations récurrentes, sécheresses localisées, pertes de récoltes, flambée des prix des denrées alimentaires et fragilisation des ménages agricoles.

À l’en croire, la Tshopo, pourtant terre fertile et nourricière, paie aujourd’hui un lourd tribut aux bouleversements climatiques.Elle a notamment évoqué la détresse des agriculteurs, en particulier des femmes maraîchères de Kisangani et des territoires, dont les efforts sont souvent anéantis par les aléas climatiques, entre cultures détruites, plantes jaunies avant maturité et sols fragilisés par les dérèglements météorologiques.

Pour Gisèle Bombele, il devient urgent de repenser les pratiques agricoles, de renforcer les capacités des producteurs et d’investir dans des solutions durables.

Dans cette dynamique, elle a insisté sur la nécessité de moderniser les techniques de production, de faciliter l’accès au financement, de structurer les filières agricoles, de favoriser la création de coopératives et de développer les chaînes de valeur afin de transformer l’agriculture en un secteur rentable et attractif pour les femmes et les jeunes.

Au-delà du diagnostic, le message porté par la coordonnatrice nationale du Forum Singa Mwambé se veut aussi un appel à la mobilisation collective.

Selon elle, le développement agricole de la Tshopo ne pourra se concrétiser sans un engagement concerté des pouvoirs publics, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, du secteur privé et des producteurs eux-mêmes.Elle a ainsi plaidé pour des infrastructures de qualité, la sécurisation des zones de production, des politiques agricoles adaptées au contexte local et un accompagnement réel des initiatives féminines et juvéniles.

Cette deuxième édition du Forum Singa Mwambé se distingue également par sa volonté d’inclure les femmes venues de l’ensemble des territoires de la Tshopo, et non de limiter la réflexion à la seule ville de Kisangani. Pour Gisèle Bombele, la province doit être pensée dans sa globalité, avec ses réalités rurales, ses bassins de production, ses vulnérabilités et ses opportunités.

Le forum prévoit plusieurs échanges autour des pratiques agricoles intelligentes face au climat, des mécanismes de financement des entreprises agricoles, de l’entrepreneuriat des jeunes, des coopératives agricoles, de l’innovation dans la production et de la résilience des communautés face aux chocs climatiques. L’ambition affichée est de faire émerger une feuille de route stratégique en faveur d’un entrepreneuriat agricole plus fort, plus structuré et plus inclusif dans la Tshopo.

En clôturant son intervention, Gisèle Bombele a lancé un appel solennel à la défense de la terre, à la valorisation du travail des agriculteurs et à la construction d’un modèle agricole durable pour la province. « Soutenons nos agriculteurs, protégeons nos terres, bâtissons une agriculture durable, productive et compétitive », a-t-elle exhorté, sous les applaudissements de l’assistance.

À travers ce discours, la coordonnatrice nationale du Forum Singa Mwambé aura surtout posé les jalons d’un combat : faire de l’agriculture non plus un secteur de résignation, mais un espace d’innovation, de dignité, d’émancipation économique et d’espérance pour les femmes et les jeunes de la Tshopo.

Rédaction

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